Rencontre au sommet très tendue entre la Chine et les USA

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken (au centre) et le conseiller à la Sécurité nationale Jake Sullivan (à droite) à l'entame de leur rencontre avec une délégation chinoise de haut niveau en Alaska. ©REUTERS

Les critiques ont volé à l'occasion de la première rencontre entre Pékin et l'administration Biden. Les États-Unis attendent un changement d'attitude de la Chine. Et inversement.

Ce vendredi, les températures à Anchorage évoluaient entre -17 et -7 degrés. La plus grande ville d'Alaska a été choisie pour accueillir la première confrontation entre l'équipe du président américain Joe Biden et une délégation chinoise de haut niveau. Une réunion de deux jours qui s'est déroulée dans un contexte chaud bouillant.

"Nous nous battrons toujours pour nos principes, pour notre peuple, et pour nos amis."
Jake Sullivan
Conseiller américain à la Sécurité nationale

Washington a envoyé en Alaska son chef de la diplomatie Antony Blinken et Jake Sullivan, le conseiller américain à la Sécurité nationale. Côté chinois, outre le ministre des Affaires étrangères, le plus haut responsable du Parti communiste chinois pour la diplomatie, Yang Jiechi, avait fait le déplacement.

La Chine avait promis de ne faire aucun compromis. Et de fait, le ton entre les deux nations est monté d'entrée de jeu... La réunion a tourné en querelles et récriminations, illustrant le fossé qui subsiste entre les deux pays malgré le départ de Donald Trump.

Accusations américaines

Jeudi, le ministre chinois des Affaires étrangères a dénoncé les critiques américaines suite à la reprise en main de Hong Kong par la Chine, qui venait d'approuver un projet de réforme électorale afin de donner à Pékin un contrôle accru sur la région. "Ce n'est pas comme cela que l'on accueille ses invités", a râlé Wang Yi.

"Chacun de ces actes menace l'ordre fondé sur des règles qui garantissent la stabilité mondiale."
Antony Blinken
Secrétaire d'État américain

Les États-Unis et la Chine ont principalement blâmé leurs politiques respectives, les premiers accusant Pékin de "démagogie" et demandant un changement d'attitude. Côté chinois, on disait espérer rétablir des relations moins amères avec les USA...

La liste des griefs est longue. Washington reproche à Pékin le "génocide" des musulmans ouïghours, s'inquiète de la situation à Hong Kong, des cyberattaques contre les États-Unis et de la coercition économique contre ses "alliés".

Pour la Chine, ces situations ne sont pas du ressort de la diplomatie. Antony Blinken a contré l'argument: "Chacun de ces actes menace l'ordre fondé sur des règles qui garantissent la stabilité mondiale. C'est pourquoi il ne s'agit pas seulement de questions intérieures, et nous ressentons l'obligation d'en parler".

"Ce qu'il faut que nous fassions, c'est abandonner la mentalité de Guerre froide."
Yang Jiechi
Haut responsable du Parti communiste chinois pour la diplomatie

Prêt pour une "compétition rude"

Le conseiller américain à la Sécurité nationale a assuré que les États-Unis ne voulaient pas d'un "conflit" avec la Chine, mais étaient "ouverts à une compétition rude". "Nous nous battrons toujours pour nos principes, pour notre peuple, et pour nos amis."

Le responsable communiste pour la diplomatie a menacé d'appliquer des "mesures fermes" face aux "ingérences américaines". Mais Yang Jiechi a insisté: "Ce qu'il faut que nous fassions, c'est abandonner la mentalité de Guerre froide."

Dans la lignée de Trump

Au-delà de cette guerre des mots, les deux camps ont livré une guerre de timing, Yang Jiechi débordant des deux minutes de discours imparties pour faire le procès des États-Unis. Antony Blinken, piqué au vif, a fait fi du protocole en reprenant la parole. Ensuite, la délégation chinoise a voulu conserver l'attention des journalistes, alors que la réunion était finie, en pointant le "ton condescendant" des Américains.

Mais après ces petits jeux, les délégations auraient eu à huis clos une longue conversation "substantielle, sérieuse et directe", ont affirmé les Américains.

Alors, Biden ou Trump, c'est du pareil au même face aux autres géants? Reproches, menaces et sanctions? Le nouveau président américain semble garder l'approche belliqueuse de son prédécesseur. Mais la nouvelle équipe de la Maison-Blanche dit vouloir être plus méthodique pour "coopérer" face aux défis communs comme le réchauffement climatique.

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