Risques d'un nouveau shutdown aux Etats-Unis

Donald Trump. ©Photo News

Les Etats-Unis se dirigent-ils vers un nouveau shutdown à la fin de la semaine? Le risque est bien là.

Les discussions menées par une quinzaine d’élus républicains et démocrates pour tenter de trouver un compromis sur la manière de mieux sécuriser la frontière mexicaine buttent sur une nouvelle pierre d’achoppement. Au cœur du nouveau blocage politique: une croisade de l’aile progressiste du parti démocrate contre l’incarcération d’immigrés clandestins dans les centres de détention du département de la sécurité intérieure.

Pour rappel, la Maison-Blanche et le Congrès avaient mis fin à 35 jours de shutdown le 25 janvier dernier en s’accordant sur un financement provisoire des administrations et agences fédérales partiellement fermées depuis le 22 décembre 2018. Les fonds débloqués couvraient une période allant jusqu’au 15 février, soit ce vendredi.

Trois options

Sans accord d’ici là, trois options sont sur la table: l’adoption d’une nouvelle loi de financement provisoire, un nouveau shutdown ou une déclaration, par le président Trump, de l’état d’urgence, ce qui lui permettrait de trouver les fonds pour financer son mur sans avoir à passer par le Congrès. Cette dernière solution serait cependant juridiquement bancale et immédiatement contestée par les démocrates.

J’en viens à croire qu’ils veulent un shutdown.
Donald Trump
Président des Etats-Unis.

Du côté de la Maison-Blanche, on ne cache pas son irritation. "J’en viens à croire qu’ils veulent un shutdown", tweetait dimanche le président Trump en se référant aux démocrates. "Le shutdown du gouvernement est théoriquement toujours sur la table", a expliqué de son côté le secrétaire général de la Maison-Blanche, Mick Mulvaney, sur la chaîne Fox News. Le président "fera ce qui est en son pouvoir dans les limites de la loi pour sécuriser la frontière", a-t-il également expliqué sur la chaîne concurrente NBC.

Début de compromis

Républicains et démocrates semblaient  pourtant en bonne voie pour trouver un compromis. Selon la presse américaine, ils s’étaient accordés sur l’idée de débloquer des fonds, dans une fourchette de 1,3 à 2 milliards de dollars, pour financer des mesures de sécurité à la frontière, dont la construction de barrières (mais pas d’un mur). Même la Maison-Blanche semblait ouverte à l’idée de ne pas obtenir les 5,7 milliards demandés par Trump, tout en n’écartant pas la possibilité de déclarer l’état d’urgence pour trouver les milliards manquants.

Centres de détention

©AFP

Ce qui coince cette fois, c’est une demande émanant de l’aile gauche du parti démocrate, à savoir de limiter à 16.500 le nombre de places disponibles pour des immigrés clandestins dans les centres de détention du département de la sécurité intérieure, contre 40.520 aujourd’hui. De nombreux démocrates fraîchement élus à la Chambre des représentants avaient fait campagne contre ces incarcérations, qu’ils estiment souvent abusives. Ils accusaient également l’administration Trump de ne pas respecter les lois américaines en dépassant les quotas prévus.

Il y aurait actuellement quasi 49.000 immigrés dans ces centres fermés, selon des chiffres du département de la sécurité intérieure communiqués dimanche au Washington Post. Pour la Maison-Blanche, il s’agit de criminels. Pour les démocrates, la plupart des personnes détenues n’auraient rien à se reprocher. Dans certains cas, on parle d’ailleurs de femmes et d’enfants.

Le sénateur républicain Lindsey Graham. ©REUTERS

Mais, dans le camp Trump, on ne semble pas prêt de fléchir sur cette question. "Je peux vous promettre que Donald Trump ne signera aucune loi qui réduit le nombre de lits disponibles pour maintenir en détention les délinquants violents qui franchissent notre frontière. Il ne peut pas faire cela. Il ne le fera pas, et vous pouvez prendre cela pour argent comptant", a expliqué dimanche le sénateur Lindsey Graham, un proche de Trump, sur la chaîne Fox News. Bref, le blocage semble effectivement total.

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