Trois semaines de shutdown et toujours pas de compromis

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Après avoir quitté la table des négociations avec les démocrates mercredi, Donald Trump s’est rendu hier au Texas pour faire la promotion de son mur frontalier avec le Mexique. Chloé Cohen

La situation est au point mort. Donald Trump ne compte pas "céder d’un millimètre" sur sa promesse de construire un mur à la frontière avec le Mexique. De leur côté, les démocrates, qui jugent ce mur "immoral" et inefficace, exhortent le Président à rouvrir le gouvernement, et à arrêter de prendre les Américains en "otages".

Une barrière en acier

Le locataire de la Maison-Banche, en visite à McAllen au Texas où il a rencontré des représentants des forces de l’ordre et participé à une table ronde sur la sécurité aux frontières, a réitéré sa volonté de construire "une barrière en acier". Il a également ajouté que les 5,7 milliards de dollars demandés au Congrès serviraient, en plus du mur, à payer des agents de sécurité supplémentaires à la frontière, du matériel médical et des équipements destinés à détecter le trafic de drogues.

Le Président a une nouvelle fois parlé de "crise", des criminels et des "gangs" qui menacent la sécurité des Etats-Unis, tout en blâmant les démocrates pour le shutdown. "Si nous avions un mur puissant, on pourrait stopper le trafic d’êtres humains", a-t-il déclaré.

Les négociations patinent

Mercredi, le Président américain a abruptement quitté une rencontre avec les ténors démocrates. "Je viens de quitter une rencontre avec Chuck (Schumer) et Nancy (Pelosi), totale perte de temps", a lancé, le Président américain dans un tweet rageur.

Huit cent mille fonctionnaires sont toujours au chômage technique – depuis près de trois semaines – et ne recevront pas leur salaire aujourd’hui, jour de paie aux Etats-Unis.

La situation pourrait donc s’envenimer. Et Donald Trump pourrait être tenté de déclarer une urgence nationale – menace qu’il a réitérée hier matin – pour contourner le Congrès et obtenir l’assistance de l’armée pour construire sa "barrière métallique". Un scénario qui risquerait de déclencher des recours en justice, les parlementaires étant les seuls habilités à financer le gouvernement fédéral selon la Constitution. Les démocrates, eux, désormais majoritaires à la Chambre des représentants, ont tenté sans succès d’élaborer une série de textes pour rouvrir progressivement le gouvernement.

Quelles solutions?

Dans cette bataille de communication, certains tentent de trouver une porte de sortie. Des élus démocrates demandent au Président de séparer le shutdown des discussions sur la sécurité aux frontières, pour débloquer petit à petit le gouvernement tout en continuant les négociations sur le mur.

Ces derniers jours, une autre idée a refait surface: celle de réintroduire dans les négociations la question du "Daca", ce programme offrant un permis de séjour temporaire à plusieurs centaines de milliers de jeunes clandestins, qui avait été créé par Barack Obama puis supprimé par Donald Trump, et jugé comme "une propriété absolue" par Nancy Pelosi, la speaker de la Chambre des représentants.

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