Trump allume Pékin, qui résiste

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Donald Trump menace d'imposer 100 milliards de dollars de nouvelles taxes douanières sur les importations chinoises. Il veut riposter aux mesures de rétorsion annoncées par Pékin. Au risque de déclencher un conflit commercial à l'issue incertaine. La Chine se dit prête à "aller jusqu'au bout" et "quel qu'en soit le prix".

La tension a encore grimpé ce vendredi entre la Chine et les Etats-Unis, Pékin assurant ne pas craindre de payer le prix d'une guerre commerciale avec Washington.

Les échanges de menaces sont devenus quasi-quotidiens cette semaine de part et d'autre du Pacifique et les marchés financiers mondiaux évoluaient au gré de la rhétorique. "Si les Etats-Unis ignorent l'opposition de la Chine et de la communauté internationale et persistent dans leurs mesures unilatérales et protectionnistes, la Chine est prête à aller jusqu'au bout, quel qu'en soit le prix", a averti Pékin après la dernière salve de Donald Trump.

Plutôt que de remédier à sa mauvaise conduite, la Chine a choisi de nuire à nos agriculteurs et à nos fabricants.
Donald Trump

Le président américain a menacé jeudi soir d'imposer de nouveaux tarifs de 100 milliards de dollars sur les importations chinoises, qui s'ajouteraient aux quelque 50 milliards de dollars de taxes déjà brandies le 3 avril par Washington. "J'ai demandé au ministère du Commerce d'examiner si 100 milliards de dollars supplémentaires de tarifs douaniers seraient adaptés en application de l'article 301 (sur la propriété intellectuelle) et, dans ce cas, d'identifier les produits sur lesquels ils pourraient être imposés", a indiqué le président américain.

Même s'il a clairement décidé de faire monter la pression d'un cran en répondant du tac au tac à Pékin, il ne s'agit pour l'instant que de menaces. "Rien n'a encore été appliqué", a souligné son conseiller économique Larry Kudlow, en affirmant "nous verrons. Nous espérons que tout cela finira bien".

J'ai demandé au ministère du Commerce d'examiner si 100 milliards de dollars supplémentaires de tarifs douaniers seraient adaptés en application de l'article 301 (sur la propriété intellectuelle) et, dans ce cas, d'identifier les produits sur lesquels ils pourraient être imposés.
Donald Trump

Pour autant, il a assuré lors de déclarations à la presse à la Maison Blanche que "nous sommes sérieux sur la question" et qu'il fallait "accuser la Chine, pas Trump", avant de lancer: "le reste du monde est de notre côté".

Un point de vue que ne semble pas partager la Chine qui a appelé de nouveau ce vendredi l'Union européenne "à agir ensemble".

Le représentant américain au commerce (USTR) Robert Lighthizer a, lui, noté que, comme les mesures de rétorsion commerciale annoncées le 3 avril, il faudrait mener un processus de consultation publique avant de les appliquer ce qui laisse encore le temps aux deux capitales de négocier.

L'USTR dénonce une nouvelle fois des pratiques chinoises qui relèvent, selon les Américains, du pillage de la propriété intellectuelle des entreprises américaines qui veulent travailler en Chine ou y font déjà des affaires.

Les Etats pro-Trump dans le viseur

En réponse à la publication mardi par l'administration Trump d'une liste provisoire de produits importés de Chine susceptibles d'être soumis à de nouveaux droits de douane, Pékin avait répliqué avec une liste visant des produits américains plus stratégiques dont le soja, l'automobile et l'aéronautique pour un montant équivalent aux premières mesures annoncées par Washington.

Le président américain Donald Trump aux côtés de Xi Jinping, président chinois, début mars. ©AFP

Pékin a pris soin d'établir sa liste de futurs produits à taxer pour frapper le plus durement possible des régions qui ont voté en faveur de Donald Trump, selon des experts. Une manière d'exercer un maximum de pression sur Donald Trump avant les élections de mi-mandat prévues pour novembre.

La Chine a aussi déposé plainte auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) concernant "les mesures tarifaires visant des produits chinois" que les Etats-Unis entendent mettre en place. Mais le président américain a affirmé ce vendredi que "l'OMC est injuste avec les Etats-Unis" et que la Chine y bénéficiait d'un traitement de faveur en raison de son statut "de pays en voie de développement".

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