Trump dégaine son bazooka fiscal pour freiner l'immigration

©AFP

Le président américain annonce que les Etats-Unis prélèveront des droits de douane de 5% sur tous les produits importés du Mexique. Ces taxes, progressivement relevées, resteront en vigueur tant que les flux de migrants clandestins traversant le Mexique ne seront pas stoppés.

Si la crise migratoire est atténuée par des actions concrètes de Mexico, dont l'impact sera déterminé par notre seul jugement, les droits de douane seront levés.
Donald Trump
Président des Etats-Unis

Donald Trump a annoncé que les Etats-Unis allaient imposer à partir du 10 juin "des tarifs douaniers de 5% sur tous les biens en provenance du Mexique" tant que les immigrés clandestins continuent d'affluer aux Etats-Unis en passant par la frontière mexicaine.

"Les droits de douane vont progressivement augmenter tant que le problème de l'immigration clandestine n'est pas résolu. A ce moment-là, les droits de douane seront levés", a tweeté le président américain. Donald Trump fait donc pression sur le Mexique avec une de ses armes favorites: les tarifs douaniers.     

"Si la crise migratoire est atténuée par des actions concrètes de Mexico, dont l'impact sera déterminé par notre seul jugement, les droits de douane seront levés", a précisé Trump dans un communiqué publié par la Maison-Blanche. Sinon, ils augmenteront de 5 points de pourcentage chaque mois pour atteindre 25% le 1er octobre, détaille cette même déclaration.

Le président, qui a fait de la lutte contre l'immigration clandestine une de ses priorités lors de la campagne de 2016, a de nombreuses fois accusé le Mexique de complicité passive, affirmant que le gouvernement mexicain ne fait rien pour empêcher l'afflux de migrants venus d'Amérique centrale. Cette annonce intervient paradoxalement le jour même où le gouvernement américain a lancé le processus de ratification parlementaire du nouvel accord de libre-échange liant les Etats-Unis au Canada et au Mexique

"Je ne veux pas la confrontation"

Le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador a directement écrit à son homologue américain: "Je vous informe que je ne veux pas la confrontation (...) Je propose d'approfondir le dialogue, de rechercher des alternatives au problème de l'immigration."

1.036
migrants
1.036 personnes ont été interpellées ce jeudi après avoir franchi la frontière séparant le Mexique des Etats-Unis. Un record pour un seul groupe de clandestins.

"C'est désastreux, cette menace mise en oeuvre serait très grave (...) Si cela devait arriver, nous devons réagir énergiquement", a déclaré à la presse Jesus Seade, un responsable des Affaires étrangères en charge de l'Amérique du Nord et négociateur commercial mexicain. 

Quel est le contexte?

Le président Trump avait fait de la construction d'un mur entre son pays et le Mexique son cheval de bataille lors de sa campagne électorale. Et actuellement, on note une recrudescence du nombre de migrants arrivant à la frontière entre les deux pays pour demander l'asile aux Etats-Unis. Quelques heures avant l'annonce, un groupe de plus d'un millier de clandestins avait été interpellé après avoir franchi la frontière séparant le Mexique des Etats-Unis au niveau d'El Paso, au Texas. Ces personnes venaient visiblement du Guatemala, du Honduras et du Salvador, pays d'où proviennent la majorité des migrants qui se rendent aux Etats-Unis via le Mexique.

Mais ce mur, Trump a beaucoup de mal à le mettre en place. Notamment parce qu'il voulait que le Mexique paie lui-même les travaux. Et aussi parce qu'il doit négocier avec l'opposition démocrate, qui contrôle depuis janvier l'une des deux chambres du Congrès. Or celle-ci, accuse-t-il, bloque toute initiative sur la frontière... Il n'arrive donc pas à convaincre le Congrès de durcir les lois en matière d'immigration et de lui allouer les fonds pour la construction de ce fameux mur.
Répercussions en Bourse

L'annonce par Donald Trump de tarifs douaniers sur les biens venus du Mexique a provoqué, à la Bourse de Tokyo, la chute des actions des constructeurs japonais, qui disposent d'usines sur place d'où ils exportent des véhicules vers les Etats-Unis. Les grands groupes automobiles ont en effet multiplié lors de la dernière décennie les investissements au Mexique, profitant d'un accord commercial avantageux avec les Etats-Unis et d'une main d'oeuvre de qualité à bas coûts.

Et les marchés européens sont eux aussi touchés, les principales places boursières ont ouvert dans le rouge vif.  

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Donald Trump a annoncé que les Etats-Unis allaient imposer à compter du 10 juin "des tarifs douaniers de 5% sur tous les biens en provenance du Mexique" tant que les immigrés clandestins continuent d'affluer aux Etats-Unis en passant par la frontière mexicaine.

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