Trump demande 8,6 milliards de dollars pour son mur

©REUTERS

Donald Trump a dévoilé aujourd'hui son projet de budget 2020. Il provoque par la même occasion les démocrates du Congrès en demandant à nouveau des fonds pour le mur à la frontière mexicaine.

La Maison-Blanche a dévoilé aujourd’hui un projet de budget 2020 de 4.700 milliards de dollars prévoyant notamment de consacrer 8,6 milliards de dollars à la construction du mur à la frontière mexicaine. Le président Trump prévoit aussi de continuer à doper le budget du Pentagone tout en réduisant de 5% en moyenne la plupart des postes de dépenses publiques discrétionnaires. De nombreuses administrations et agences fédérales devraient par ailleurs continuer à se serrer la ceinture. Le retour à l’équilibre budgétaire n’est toutefois pas prévu avant 2034.

Pas la moindre chance au Congrès

Dans l’état actuel, ce projet de budget pour l’année fiscale qui débutera au 1er octobre n’a aucune chance d’être adopté par le Congrès d’ici la fin septembre (lorsqu’il faudra aussi que le Congrès se prononce pour relever le plafond de la dette publique américaine…). Les démocrates, majoritaires à la Chambre, ont déjà annoncé qu’il refuseraient d’accorder les fonds demandés par Trump pour son mur, tout comme ils l’avaient fait fin 2018, ce qui avait débouché sur un "shutdown" de cinq semaines. Au final, Trump n’avait obtenu que 1,4 milliard des 5,7 milliards de dollars qu’il réclamait à l’époque.

Même au Sénat, il y a peu de chances qu’une majorité de 60 voix (sur 100) se dégage pour adopter un tel budget alors que les républicains n’y disposent que de 53 sièges et que tous ne suivent pas forcément leur président sur les questions budgétaires.

Ce jeudi, le Sénat devrait d’ailleurs adopter une résolution visant à annuler l’état d’urgence qui avait été décrété le mois dernier par Trump pour détourner près de 7 milliards de dollars  de fonds publics vers la construction du mur. La Chambre a déjà adopté un texte similaire. Mais cette double rebuffade n’aura qu’une valeur symbolique alors que Trump devrait y opposer son premier veto présidentiel.

Les arbitrages

Il n’y a pas que sur le mur que ce projet de budget va coincer au Congrès. La Maison-Blanche souhaite augmenter le budget du Pentagone (de 4% à 750 milliards de dollars) en allant notamment gonfler le poste des opérations militaires extérieures qui se situe hors des limites budgétaires, alors même que le président Trump a décidé de retirer le gros de ses troupes de Syrie et d’Afghanistan. La manœuvre risque de faire grincer des dents dans les rangs démocrates.

Surtout qu’en parallèle, la Maison-Blanche propose de réduire de 5% les dépenses non militaires. Les programmes sociaux, environnementaux et internationaux devraient à nouveau boire la tasse. Tout comme les budgets de fonctionnement du département d’État (-23%), de l’Agence de protection de l’environnement (-32%) et d’autres administrations fédérales.

Prévisions trop optimistes

Le président américain "va garder son mur, il va garder sa sécurité à la frontière. Je pense que c'est essentiel", a déclaré son conseiller économique Larry Kudlow. ©AFP

Autre pierre d'achoppement: la Maison-Blanche se laisse jusqu’à 2034 pour équilibrer les finances publiques du pays toujours sous le coup des vastes baisses d’impôts accordées par Trump aux entreprises, de quoi ulcérer les républicains fiscalement conservateurs. D’autant qu’elle se base sur des prévisions de croissance jugées trop optimistes par de nombreux experts. D’après Larry Kudlow, le président du Conseil économique national et principal conseiller économique de Trump, le PIB américain devrait croître de 3,2% en 2019 et de 3% en moyenne sur les 10 prochaines années. La Réserve fédérale américaine, elle, ne prévoit qu’une croissance de 2,3% cette année. Les économistes récemment interrogés par l’agence Bloomberg, sont à peine plus optimistes (+2,5%).

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