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analyse

La procédure de destitution contre Donald Trump n'aboutira sans doute pas

Donald Trump continue d'exercer une influence considérable sur les républicains dont une large majorité conteste la constitutionnalité du procès. ©AFP

Ce mardi s’ouvre le procès en destitution de Donald Trump devant le Sénat. Une procédure à laquelle l’ancien président devrait une nouvelle fois échapper.

Poursuivi par la Chambre des représentants pour "incitation à l'insurrection", Donald Trump doit désormais être jugé par les sénateurs. Il y a un mois, des centaines de partisans de l'ancien président prenaient d'assaut le Capitole lors de la certification de la victoire de Joe Biden. Un événement qui a fait cinq morts et a mis à mal l'un des piliers de la démocratie américaine. Trump a déjà prévenu qu'il ne se présenterait pas au procès.

Donald Trump a demandé ce lundi aux sénateurs chargés de le juger pour "incitation à l'insurrection" de refermer immédiatement son procès. Les élus démocrates qui portent l'accusation ont immédiatement balayé une requête "futile", qui selon eux traduit les "efforts" du milliardaire républicain pour échapper à "sa responsabilité" dans l'assaut sur le Capitole le 6 janvier.

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45 sur les 50 sénateurs républicains contestent la constitutionnalité du procès.

Deuxième impeachment pour Trump

Donald Trump a déjà affronté une procédure de destitution fin 2019. Il était accusé d'"abus de pouvoir" pour avoir demandé à l'Ukraine d'enquêter sur le fils de Joe Biden. Pour la première fois, un président des États-Unis fait face à deux impeachments et sera jugé pour l'un d'entre eux après avoir quitté la Maison-Blanche.

Une nouvelle fois, le milliardaire républicain risque bien de s'en sortir indemne. Pour condamner Donald Trump, il faut rassembler les deux tiers des 100 sénateurs. Autrement dit, 17 républicains doivent se ranger du côté des 50 démocrates. Une situation peu probable puisque 45 sur les 50 sénateurs républicains soutiennent la défense de l'ex-président qui pointe l'inconstitutionnalité d'un procès visant un président hors fonction. Soulever un tel aspect juridique évite aux républicains de devoir se positionner sur le fond du dossier. Il serait en effet bien plus affligeant de ne pas condamner Trump dans ce cas-là.

Pour les démocrates, il ne s’agit pas ici de se cantonner à l'aspect juridique, mais d'offrir une leçon "pour l'Histoire". Ils accusent Trump d'avoir "créé une poudrière, allumé une allumette puis cherché à tirer personnellement profit du chaos qui a suivi."

À défaut de destituer celui qui a déjà cédé sa place à Joe Biden, une condamnation pourrait rendre inéligible Donald Trump à vie. Perspective peu réjouissante pour ce dernier qui déclarait encore à ses partisans en décembre: "Je vous reverrai dans quatre ans", faisant allusion aux élections de 2024.

Les républicains divisés

Depuis les événements du Capitole, certains républicains tournent ouvertement le dos à Donald Trump. C'est le cas notamment de Liz Cheney, élue du Wyoming, et de Mitt Romney, perdant de l’élection présidentielle de 2012, qui se sont tous deux prononcé en faveur du procès. De l'autre côté du spectre, il y a les fervents défenseurs du 45e président comme Marjorie Taylor Greene, dont les frasques conspirationnistes ont défrayé la chronique. Le parti est donc fragmenté entre les conservateurs pro-Trump et les plus modérés qui s'en éloignent.

Le chef des sénateurs républicains, Mitch McConnell, joue un rôle clé dans le procès. Alors qu'il assumait sa partialité en faveur de Trump lors du premier impeachment, il a avancé que, cette fois-ci, sa décision n'était "pas prise". Or, son vote pourrait grandement influencer celui d'autres élus du parti.

L'influence de Donald Trump sur les républicains reste considérable et la procédure n'a que peu de chance d'aboutir. Aucun des deux camps ne souhaite toutefois s'y attarder. Ni les républicains, pour qui elle est une source de division, ni les démocrates qui ne souhaitent pas voir le procès Trump monopoliser les débats et bloquer de fait l'avancée législative de Joe Biden.

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