Trump fait craindre une guerre commerciale et plombe les marchés

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Donald Trump annoncera la semaine prochaine l'imposition de droits de douane de 25% sur l'acier et 10% sur l'aluminium pour soutenir les producteurs et l'emploi américains. Le risque de guerre commerciale avec le reste du monde, et surtout la Chine, est dans tous les esprits. Le Dow a terminé jeudi sur un recul de 1,68%. En Europe ce vendredi matin, les marchés ouvrent en baisse.

Malgré le risque de provoquer une guerre commerciale avec leurs principaux partenaires commerciaux dont la Chine, les Etats-Unis vont imposer la semaine prochaine des droits de douane de 25% sur les importations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium. C'est l'annonce faite par le président américain ce jeudi, qui n'a toutefois pas précisé quels pays seraient visés.

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La Bourse de New York a clôturé en nette baisse suite à cette annonce, le Dow Jones perdant 1,68% à 24.608,98 points. Le Nasdaq a reculé de 1,27% à 7.180,56 points, tandis que le S&P 500 a perdu 36,16 points à 2.677,67 points.

"L'entrée dans une certaine forme de guerre commerciale n'est pas une bonne nouvelle pour le marché", a commenté Patrick O'Hare de Briefing. Membres éminents du Dow Jones et grands exportateurs américains, les titres de Boeing  de Caterpillar  ou encore de United Technologies ont chuté après ces annonces.

A l'inverse des exportateurs américains, le cours des sociétés américaines productrices d'acier et d'aluminium a progressé, à l'instar de US Steel corporation

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Rebâtir les industries américaines

A l'issue d'une réunion avec des producteurs d'acier et d'aluminium américains à la Maison Blanche, Trump s'est juré de rebâtir les industries américaines de l'acier et de l'aluminium, estimant qu'elles ont subi des préjudices de la part d'autres pays pendant des dizaines d'années. "Ces taxes seront appliquées pour longtemps", a-t-il souligné.

"Nos industries de l'acier et de l'aluminium (et bien d'autres) sont décimées par des décennies de commerce inéquitable et une mauvaise politique avec les pays dans le monde", avait tweeté le président américain plus tôt dans la journée.

Ces déclarations interviennent alors que Liu He, conseiller économique du président chinois, est en visite à Washington. Il devait rencontrer des responsables de la Maison Blanche mais pas Trump. Donald Trump a en principe jusqu'au 11 avril dans le cas de l'acier et jusqu'au 19 avril dans celui de l'aluminium pour se prononcer sur des mesures visant les importations aux Etats-Unis qu'il accuse d'être subventionnées et écoulées à des prix inférieur à leurs coûts de production.

L'administration Trump avait dévoilé mi-février trois scénarios pour taxer les importations d'aluminium et d'acier, mettant en avant la nécessité de préserver la sécurité nationale et les emplois aux Etats-Unis.

  • La première option consisterait à taxer l'ensemble des importations de ces deux secteurs jugés stratégiques
  • La deuxième propose une taxation encore plus lourde envers certains pays (une taxe d'au moins 53% sur celles provenant de douze pays dont la Chine, la Russie, le Brésil, la Corée du Sud et la Turquie)
  • La troisième verrait la mise en place de quotas (un quota équivalent à 63% des importations provenant de chaque pays sur la base des quantités de 2017)

Les propositions pour l'aluminium sont similaires avec une taxation générale d'au moins 7,7%, ou d'au moins 23,6% sur celles provenant de Chine, Hong-Kong, Russie, Venezuela et Vietnam. L'option du quota serait de 86,7% des importations sur la base de celles de 2017.

Les Etats-Unis sont les plus gros importateurs d'acier au monde, leurs importations étant près de quatre fois supérieures à leurs exportations.
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Quelles réactions dans le monde?

Toute décision pourrait être perçue comme une déclaration de guerre commerciale. La Chine, deuxième partenaire commercial des Etats-Unis, a maintes fois prévenu qu'elle ne resterait pas les bras croisés. Ce pays est loin d'être le principal fournisseur d'acier des Etats-Unis, comptant pour moins de 2% des importations totales. Celles-ci proviennent principalement du Canada (16%), du Brésil (13%) et de la Corée du Sud (10%).

Toute éventuelle taxe douanière serait "inacceptable", a averti le ministre canadien du Commerce international, François-Philippe Champagne.

"La Commission présentera dans les prochains jours une proposition de contre-mesures contre les Etats-Unis."
Jean-Claude Juncker

De leurs côtés, les 28 pays de l'Union Européenne (UE) sont prêts à riposter si les Etats-Unis décidaient de les frapper par des mesures commerciales restrictives. L'UE va "réagir fermement et proportionnellement pour défendre (ses) intérêts", a d'ores et déjà indique le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

"Nous regrettons fortement" cette décision, a dit le chef de l'exécutif européen, cité dans un communiqué de presse, ajoutant que la Commission présenterait "dans les prochains jours une proposition de contre-mesures contre les Etats-Unis, compatibles avec les règles de l'OMC, pour rééquilibrer la situation".

"Ces mesures violent les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). L'Union européenne doit maintenant intervenir avec les instruments prévus par l'OMC dans pareil cas", a indiqué dans un communiqué Hans Jürgen Kerkhoff, président de Stahl, organisation chargée de défendre les intérêts politiques et économique de la sidérurgie allemande.

"Si le président américain Donald Trump frappe dur, nous allons prendre des contre-mesures", avait déjà prévenu mardi la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström.

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