Trump lance sa campagne... et menace les migrants

©EPA

La recette avait bien fonctionné en 2016 et Donald Trump compte visiblement remettre le couvert. Le président américain lance ce mardi soir sa campagne pour la présidentielle de 2020 en ciblant à nouveau les migrants.

C'est donc ce mardi soir que Donald Trump lancera officiellement sa campagne pour la présidentielle américaine prévue en novembre 2020. Il a donné rendez-vous à 20.000 partisans dans le Amway Center d'Orlando, l'enceinte de l'équipe de NBA locale, les Orlando Magics.

Si le président américain a choisi la Floride pour donner le coup d'envoi de sa campagne ce n'est pas par hasard, ni parce que c'est dans le "sunshine state" que se trouve sa propriété de Mar-a-Lago. C'est surtout qu'il aura besoin d'empocher cet Etat-clé s'il espère rempiler à la Maison-Blanche. Or, les sondages ne sont pas très bons pour lui à un an et demi du scrutin. L'ancien vice-président Joe Biden, grand favori dans le camp démocrate, le devance en effet de 10 points dans un sondage Fox News réalisé à l'échelle nationale et publié le weekend dernier. Le sénateur Bernie Sanders, autre grosse pointure démocrate, y dispose, lui, d'une avance 9 points sur Trump.

Des millions d'immigrés clandestins menacés

Mais qu'à cela ne tienne, Trump n'est pas à court d'arguments pour enthousiasmer ses troupes. Le président américain devrait à nouveau vanter son bilan économique ce mardi soir. En attendant, c'est un autre de ses thèmes de prédilection qu'il a mis en avant lundi soir en annonçant sur Twitter que les autorités américaines d'immigration allaient renvoyer des millions de migrants clandestins à partir de la semaine prochaine

Washington a reçu, au début du mois, le soutien des autorités mexicaines dans sa lutte contre l'afflux d'immigrés à ses frontières. Le Mexique s'est en effet engagé à accueillir davantage de migrants qui demandent l'asile aux Etats-Unis pendant que leur dossier y est traité. Il espère ainsi éviter une taxe de 5% sur ses produits exportés vers son voisin du nord. Et les Etats-Unis continuent à mettre la pression sur les pays du "Triangle du Nord" (Salvador, Guatemala, Honduras) pour qu'ils empêchent leurs ressortissants de chercher asile chez eux. Mais les efforts américains ne s'arrêtent pas là. 

12
millions
Pas moins de 12 millions de migrants se trouveraient actuellement en situation irrégulière sur le territoire américain.

D'après le Washington Post, cela fait plusieurs mois que l'administration Trump prépare une vaste opération d'expulsion d'immigrés ayant été déboutés par la justice américaine dans leur demande de permis de séjour. Expulser massivement les immigrés clandestins demanderait d'énormes moyens humains. Et nécessiterait parfois de longues enquêtes pour les localiser. D'après le Washington Post, plusieurs personnes proches du dossier au sein de l'administration américaine auraient d'ailleurs émis des doutes quant à l'imminence d'une telle opération

Risque de familles séparées

Il semblerait, par ailleurs, que la possibilité que ces renvois massifs mènent à de nouvelles séparations de familles freine les ardeurs de certains au sein de l'administration. Il faut dire que les images d'enfants séparés de leurs parents à la frontière mexicaine avaient suscité la polémique en 2018. Depuis, certains de ces enfants n'ont toujours pas retrouvé leur famille.

Un réfugié guatémaltèque contrôlé pas un agent américain des frontières devant son fils le 16 mai dernier. ©AFP

C'est notamment parce qu'ils avaient émis des doutes sur la vaste opération en préparation et ses implications que la patronne du département de la Sécurité intérieure (DHS) Kirstjen Nielsen et le numéro un des services de contrôle d'immigration et des douanes (ICE) Ronald Vitiello avaient été limogés en avril dernier. Depuis, Vitiello a été remplacé par un adepte de la méthode forte, Mark Morgan, un ex-Marine et ancien du FBI qui avait dirigé la patrouille des frontières à la fin de la présidence de Barack Obama. 

La résistance continue

Pendant ce temps-là, la résistance aux politiques migratoires de Trump continue à s'organiser à travers le pays. Lundi soir, Andrew Cuomo, le gouverneur de l'Etat de New York a signé une loi permettant aux sans-papiers d'obtenir leur permis de conduire. Le texte interdit également à l'administration new-yorkaise de communiquer les données fournies par les demandeurs de permis aux autorités migratoires, sauf requête expresse d'un juge. New York est le treizième Etat américain à adopter une telle loi.

Reste également à voir ce que feront les villes sanctuaires américaines, ces dizaines de villes qui refusent de dénoncer leurs sans-papiers aux autorités fédérales. L'an passé, la maire d'Oakland Libye Schaaf, une démocrate, avait prévenu les immigrés clandestins d'une opération en préparation au sein de l'ICE, ce qui lui avait valu les réprimandes de l'administration fédérale. Lundi soir, elle a déjà annoncé qu'elle referait de même si elle obtenait des informations "crédibles" quant à une nouvelle opération.  

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