Trump limoge le chef de la cybersécurité, qui défendait l'intégrité du vote

Chris Krebs, haut fonctionnaire licencié, a répondu: "Honoré d'avoir servi. Nous avons bien fait les choses." ©REUTERS

On s'y attendait, c'est fait. Donald Trump a limogé le patron de l'agence gouvernementale chargée de la sécurité des élections, qui contestait les accusations de fraudes "massives" à la présidentielle que ne cesse de répéter le milliardaire républicain, sans preuve.

"La récente déclaration de Chris Krebs sur la sécurité des élections de 2020 était très inexacte, puisqu'il y a eu des irrégularités et des fraudes massives." Chris Krebs était directeur de l'Agence de cybersécurité et de sécurité des infrastructures (Cisa), il avait défendu l'intégrité de l'élection présidentielle américaine du 3 novembre.

La Cisa avait mis en place un site, "Rumor Control", destiné à lutter contre les fausses informations sur l'élection. On se doutait bien que cela ne plairait pas au président Trump, qui nie toujours sa défaite lors de l'élection présidentielle. De fait... "C'est pourquoi Chris Krebs a été démis de ses fonctions de directeur de l'agence de cybersécurité et de sécurité des infrastructures, avec effet immédiat", a donc décidé le républicain, qui a communiqué ce limogeage par Twitter, comme à son habitude.

Pas de preuves

Trump continue donc d'étaler les accusations de fraude électorale, sans preuve. Son équipe de campagne a engagé des recours en justice pour contester les résultats dans plusieurs États. Pourtant, des représentants électoraux des deux partis disent n'avoir pas constaté d'irrégularités et des dizaines d'experts en sécurité électorale avaient publié une lettre pour confirmer que ces accusations de piratage majeur sont sans fondement.

Ce mardi, un juge s'est montré sceptique sur la plainte devant empêcher la Pennsylvanie de valider la victoire de Joe Biden. Matthew Brann, juge de district à Williamsport, a précisé qu'il ne rendrait pas immédiatement sa décision, demandant des documents écrits de la part des plaignants et de la défense...

Donald Trump a tenté d'expliquer que Chris Krebs avait garanti à la population que le scrutin avait été protégé alors que selon lui, il y a bien eu "irrégularités massives et une fraude - dont des personnes décédées qui ont voté" et que les machines électorales ont commis des erreurs ayant attribué des votes Trump à Biden.

"Protéger aujourd'hui, préserver demain"

Comme c'est devenu habituel, Twitter a très rapidement apposé un avertissement sous les messages du Président sortant pour avertir de la véracité contestée des propos de celui-ci sur le scrutin.

Selon Reuters, Brandon Wales devrait assurer l'intérim à la tête de l'agence. Ce haut dirigeant de la Cisa a déjà occupé plusieurs postes au sein du département de la Sécurité intérieure sous l'administration Trump, mais ne serait pas considéré comme une personnalité partisane.

Chris Krebs a répondu à ce limogeage, qu'il a découvert sur Twitter, via ce même réseau social. "Honoré d'avoir servi. Nous avons bien fait les choses. Protéger aujourd'hui, préserver demain", avec le hashtag symbolique #Protect2020.

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