Trump: "Notre problème n'est pas la Chine, c'est la Fed"

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Dans une nouvelle salve de tweets, le Président américain a accentué une nouvelle fois la pression sur la banque centrale américaine, l'incitant à réduire ses taux d'intérêt plus vite et plus fort.

"Ils doivent baisser les taux plus vite et plus fort (...) L'incompétence, c'est terrible à voir, surtout quand vous savez que tout pourrait être réglé facilement", a écrit le Président américain. Il fait aussi référence à la baisse des taux par plusieurs banques centrales ce mercredi (Inde, Nouvelle-Zélande, Thaïlande), ce qui a entraîné une chute des rendements obligataires. "Notre problème n'est pas la Chine (...). C'est la Réserve fédérale qui est trop fière pour admettre avoir fait une bêtise en relevant les taux trop vite et trop haut. (J'avais raison!)", clame encore le président.

La chute rapide des rendements obligataires ravivé les craintes de récession et pesé sur Wall Street où le Dow a perdu jusqu'à 2%. Mais sans raison particulière, les taux américains se sont redressés en cours de séance mercredi. Une stabilisation qui a apaisé les investisseurs et contribué à la remontée des indices. Le Dow ne perdait ainsi plus que 0,09% à la clôture, à 26.007,07 points. Le Nasdaq et le S&P 500 ont de leur côté clôturé en territoire positif, prenant respectivement 0,38% à 7.862,83 points et 0,08% à 2.883,98 points.

De leur côté, les cours du pétrole ont terminé en forte baisse, l'annonce d'une hausse surprise des réserves de brut aux Etats-Unis s'ajoutant aux craintes persistantes sur un affaiblissement de la demande mondiale en or noir en raison de la guerre commerciale. Le baril de WTI, coté à New York, a perdu 4,7% à 51,09 dollars et celui de Brent, référence à Londres, a lâché 4,6% pour finir à 56,23 dollars.

Donald Trump a régulièrement mis la pression sur la Fed pour qu'elle baisse davantage ses taux directeurs, l'accusant de "freiner l'économie américaine". Sans réel succès jusqu'ici. Si la semaine dernière, la banque centrale américaine a annoncé pour la première fois depuis 11 ans qu'elle baissait son taux directeur (de 25 points de base), son président Jerome Powell a laissé entendre qu'il n'y avait pas d'autre baisse significative à attendre. Jerome Powell "nous a encore une fois déçus", avait tweeté le Président américain juste après cette annonce.

L'appel des quatre anciens de la Fed

La Fed, institution qui évolue traditionnellement de manière indépendante du pouvoir politique, continue à essuyer le feu nourri du locataire de la Maison-Blanche. La saillie de ce mercredi en atteste à nouveau. Elle intervient deux jours après la publication dans le Wall Street Journal d'un message solennel adressé par quatre de ses anciens présidents à Donald Trump lundi. Paul Volcker, Alan Greenspan, Ben Bernanke et Janet Yellen ont demandé au Président de respecter l'indépendance de l'institution. Une initiative extraordinaire de la part des anciens patrons de la plus puissante banque centrale du monde.

En tant qu'anciens présidents "nous sommes unis dans la conviction que la Fed et son président doivent pouvoir agir indépendamment et dans le meilleur intérêt de l'économie, libérés de pressions politiques à courte vue et en particulier dans la menace de limoger les dirigeants de la Fed pour des motifs politiques", ont-ils plaidé.

Les anciens dirigeants de la Fed reconnaissent qu'eux-mêmes et l'institution ont pu commettre des erreurs, mais sont "convaincus que ces décisions étaient les meilleures parce qu'elles ont été le fruit de l'évaluation non partisane, non politique basée sur les intérêts des citoyens américains sur le long terme". Ils ont aussi souligné qu'indépendance ne signifiait pas manque de supervision ou opacité, en rappelant les rôles essentiels du Congrès, des citoyens et de la presse.

Donald Trump ne les a manifestement pas lus ni entendus.

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