Trump retoque la loi sur les espèces en danger

L’alligator fait partie des espèces dont la protection est affaiblie par Trump. ©REUTERS

Le gouvernement de Donald Trump vient de détricoter la très importante loi de conservation qui a permis de sauver le loup gris, les grizzlis ou encore les alligators américains de l’extinction. Les associations environnementales sont dépitées.

L’administration Trump vient d’affaiblir une loi qui faisait jusqu’ici référence au niveau mondial dans la conservation des espèces sauvages. L’"Endangered Species Act" de 1973 a permis de sauver des dizaines d’espèces désignées comme "menacées" ou "en danger" d’extinction, parmi lesquelles les lamentins, les baleines à bosse ou encore l’alligator américain.

"La loi exige, là où c’est possible, que le gouvernement fédéral identifie les habitats considérés comme essentiels à la conservation des espèces listées et qu’il évite de détruire ou de modifier ces habitats par ses propres actions ou par la validation de projets d’acteurs privés."
Elizabeth Klein
Université de New York

"La loi exige, là où c’est possible, que le gouvernement fédéral identifie les habitats considérés comme essentiels à la conservation des espèces listées et qu’il évite de détruire ou de modifier ces habitats par ses propres actions ou par la validation de projets d’acteurs privés", explique Elizabeth Klein, directrice adjointe du State Energy & Environmental Impact Center de l’Université de New York.

Pour les grizzlies, par exemple, la loi a ordonné l’interdiction de la chasse, de la construction de routes et de la vente de bois dans certaines zones afin de protéger l’habitat essentiel des ours, relève Kristen Boyles, avocate pour l’ONG Earthjustice.

"Carcan réglementaire"

Les assouplissements annoncés vont au contraire permettre aux entreprises de construire des routes, des oléoducs, des gazoducs, ou encore des mines dans des zones désignées "habitat essentiel". Ils s’inscrivent dans la droite ligne de la politique voulue par Donald Trump, a assuré le ministre du Commerce Wilbur Ross. Il s’agit, selon lui, "d’alléger le carcan réglementaire qui pèse sur le public américain, sans sacrifier les objectifs de protection et de reconstitution de nos espèces".

L’administration Trump va "autoriser la destruction d’habitats au nom de profits économiques de court terme".
Elizabeth Klein
Université de New York

Les associations de défense de l’environnement, elles, sont très inquiètes. "Ces changements vont rendre la classification des espèces menacées ou en danger plus difficile. Ils vont affaiblir les protections pour les espèces menacées. Identifier les habitats essentiels pour la survie des espèces puis les protéger sera encore plus compliqué", détaille Elizabeth Klein, qui dénonce la volonté d’une administration climatosceptique d’"autoriser la destruction d’habitats au nom de profits économiques de court terme".

Bataille judiciaire

"C’est alarmant car une fois que les impacts économiques sont analysés, il est très peu probable qu’ils ne fassent pas partie de la décision."
Kristen Boyles

Les nouvelles régulations autorisent également les agences fédérales à discuter des impacts économiques d’un projet ou de la classification d’une espèce, alors qu’elles ne pouvaient jusqu’ici prendre en compte que des arguments scientifiques. "C’est alarmant car une fois que les impacts économiques sont analysés, il est très peu probable qu’ils ne fassent pas partie de la décision", note Kristen Boyles. L’avocate ajoute que les nouvelles règles "ignorent l’impact du changement climatique, ce qui va nuire à toutes les espèces".

Comme à chaque décision de Donald Trump sur le dossier de l’environnement, une bataille politique et judiciaire s’est d’ores et déjà engagée. Les procureurs généraux de Californie et du Massachusetts ont en effet décidé de porter l’affaire en justice.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect