Trump rêve de la Lune et de Mars mais n'a pas le budget de ses ambitions

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Le président américain Donald Trump veut accélérer l’échéance du prochain alunissage en 2024. Il faudra un budget supplémentaire de 20 à 30 milliards de dollars pour la mission Artemis.

"Il y a exactement cinquante ans, le monde a regardé en admiration nos astronautes planter le drapeau américain sur la Lune. Nous allons y retourner. Et très bientôt, nous planterons ce même drapeau sur la surface de la planète Mars." C’est par ces quelques mots que Donald Trump a rappelé les ambitions de son pays en matière de conquête spatiale. Le Président américain a profité des célébrations du 4 juillet pour réaffirmer les ambitions spatiales américaines. "Notre pays est plus fort aujourd’hui qu’auparavant", a-t-il insisté, avant d’énumérer les découvertes et avancées médicales, technologiques et industrielles faites par ses compatriotes. Une liste n’excluant pas la mission Apollo 11 durant laquelle Neil Armstrong et Buzz Aldrin ont foulé pour la première fois la surface de la lune.

"Très bientôt, nous planterons le drapeau américain sur Mars." DONALD TRUMP

Ces nouvelles déclarations du locataire de la Maison-Blanche ont interloqué les aficionados de l’exploration spatiale. Elles interviennent après une série de tweets dans lesquels Trump fustige la volonté de la Nasa de retourner… sur la Lune. "La Nasa ne devrait pas penser à retourner là-bas, nous l’avons fait il y a 50 ans. Ils devraient se concentrer sur des projets plus ambitieux, ce qui inclut Mars (qui fait partie de la Lune), la Défense et la science." D’aucuns se sont demandés, avec amusement, si Trump pensait vraiment la Lune comme appartenant à Mars. La Nasa a toutefois réaffirmé le besoin de retourner sur le petit satellite comme préparation intermédiaire avant la planète rouge.

Manque de transparence

L’administration Trump a décidé d’accélérer l’échéance du premier alunissage de la mission baptisée "Artemis", de 2028 à 2024. Une nouvelle deadline qui coïnciderait avec la dernière année d’un potentiel deuxième mandat du Président républicain. Un calendrier serré mais n’inquiétant pas le patron de l’agence spatiale américaine, le conservateur Jim Bridenstine. "C’est important d’accélérer car il y a deux risques. Le premier est technique et la Nasa et ses partenaires savent bien se débarrasser de ce risque, explique-t-il. Le second est politique, celui qui nous a empêchés d’être sur la Lune actuellement (…). Plus les programmes sont étalés dans le temps, plus vous risquez des changements de priorités, de budget, de Congrès." Une communication positive alors que la construction de la prochaine fusée SLS, créée pour les missions lunaires et martiennes, a pris du retard. Un premier vol devait avoir lieu en novembre 2018 mais la Nasa n’a pas pu respecter ce délai.

Malgré un budget colossal de 21,5 milliards de dollars et l’annonce d’une nouvelle enveloppe de 1,6 milliard par Trump, l’aventure lunaire semble un puits sans fond. Jim Bridenstine a déclaré qu’il faudra entre 20 et 30 milliards de dollars de plus pour accomplir le rêve lunaire de Trump. L’auditeur indépendant du gouvernement américain a tiré la sonnette d’alarme en voyant l’agence exploser son budget: rien que pour une fusée, le budget a augmenté de 8 milliards de dollars. "La publication des coûts par la Nasa pour le programme SLS et le vaisseau Orion n’est pas complètement transparente", dénonce-t-il.

Appel au privé

Afin de respecter ses engagements, Jim Bridenstine a confié au site américain The Verge que la Nasa compte s’ouvrir aux acteurs privés afin de financer les éléments d’une mini-station lunaire. L’agence spatiale américaine est déjà cliente d’entreprises comme SpaceX d’Elon Musk pour le ravitaillement de la station spatiale internationale. Ou Boeing, en charge de la construction de l’étage principal de la fusée SLS. La Nasa espère aussi bénéficier d’un tourisme de l’espace en accueillant des clients au sein de la station internationale pour 50 millions de dollars par voyage. L’administration Trump n’a pas exclu la privatisation de cette dernière en 2025.

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