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Trump s'en prend avec virulence au renseignement américain

Donald Trump a accusé les chefs de ses propres services de renseignement d'être "naïfs". ©Photo News

Bien sûr, ce n'est pas la première fois que Donald Trump s'en prend aux grandes agences fédérales . Mais cette fois, sa rafale de tweets se distingue par un ton particulièrement agressif et ironique.

"Les membres des services de renseignement semblent être extrêmement passifs et naïfs concernant les dangers que représente l'Iran. Ils ont tort!", a twitté Donald Trump.

Quelle mouche a donc piqué Donald Trump pour qu'il emploie un ton si agressif?  Il avait été contredit par ces derniers sur plusieurs axes majeurs de sa politique étrangère. particulièrement agressif et ironique. Syrie, Corée du Nord, Iran: mardi devant le Sénat, Gina Haspel, directrice de la CIA, et Dan Coats, directeur du renseignement, tous les deux nommés par Donald Trump, avaient dressé un tableau des grandes menaces mondiales reflétant un désaccord marqué avec l'analyse du locataire de la Maison Blanche.

  • Selon Gina Haspel, l'Iran respecte toujours "techniquement" l'accord conclu en 2015 avec les grandes puissances pour l'empêcher de se doter de la bombe atomique, dont les Etats-Unis se sont retirés l'an dernier comme l'avais promis Donald Trump pendant sa campagne. Et si les Iraniens envisagent de "prendre leurs distances" avec ce texte, c'est, a-t-elle noté, en raison de l'absence de retombées économiques, Washington ayant rétabli des sanctions draconiennes contre Téhéran après son retrait, qui avait suscité la colère des alliés européens des Etats-Unis.

"Quand je suis devenu président, l'Iran causait des problèmes dans tout le Moyen-Orient et au-delà. Depuis notre retrait du terrible accord sur le nucléaire iranien, ils sont TRES différents, mais restent une source potentielle de danger et de conflit" poursuivait Trump. "Méfions-nous de l'Iran. Les membres des services de renseignement devraient peut-être retourner à l'école!"

  • "Nos évaluations continuent de montrer qu'il est peu probable que la Corée du Nord abandonne toutes ses armes nucléaires", ses missiles et "ses capacités de production", avait souligné Dan Coats devant le Congrès. Malgré la suspension des essais nucléaires et balistiques "depuis plus d'un an" et "le démantèlement réversible de certaines parties des infrastructures", "nous continuons à observer des activités non compatibles avec une dénucléarisation totale."

Trump a lui évoqué "une bonne chance" d'aboutir à la dénucléarisation. "Les relations entre les Etats-Unis et la Corée du Nord n'ont jamais été aussi bonnes." "Pas de tests, rapatriement des dépouilles (de soldats américains morts durant la guerre de Corée, NDLR), retour des otages", a-t-il ajouté, réaffirmant sa volonté de rencontrer une nouvelle fois le leader nord-coréen Kim Jong Un, après leur premier sommet de Singapour en juin 2018.

Sur la Syrie aussi, Donald Trump a tenu à répondre, par courts messages interposés, aux conclusions du renseignement américain. "D'énormes progrès" ont été accomplis depuis deux ans, a-t-il souligné, sans cependant être aussi catégorique que lorsqu'il avait lancé, le 20 décembre: "Nous avons gagné contre le groupe EI, il est temps de rentrer".

  • Le groupe Etat islamique "contrôle encore des milliers de combattants en Irak et en Syrie", avait mis en garde la veille Dan Coats. "Il faut saluer nos agences de renseignement, qui continuent à fournir des analyses rigoureuses et réalistes des menaces auxquelles nous sommes confrontées", a réagi le démocrate Adam Schiff, président de la commission sur le renseignement à la Chambre des représentants. "Le fait que la Maison Blanche n'écoute pas est terriblement dangereux", a-t-il ajouté.

Signe du malaise provoqué par certaines positions de Donald Trump jusque dans les rangs des plus fidèles républicains, le chef du Sénat, Mitch McConnell, a présenté cette semaine un amendement soulignant qu'Al-Qaïda, le groupe Etat islamique et "leurs associés en Syrie et en Afghanistan continuent de représenter une menace sérieuse" pour les Etats-Unis.

Très rarement critique du président en public, le sénateur républicain a mis en garde contre "le danger d'un retrait précipité de ces deux conflits". Ce texte pourrait être soumis à un vote dès ce jeudi.

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