Trump tente de parer les nouvelles révélations de Bolton

Donald Trump aurait accordé des faveurs aux dirigeants turc et chinois, affirme John Bolton dans son livre à paraître en mars. ©Photo News

Le New York Times a publié de nouveaux extraits du livre de l'ancien conseiller à la sécurité nationale John Bolton compromettants pour le président Trump. Cette fois, il s'agit de son penchant pour les autocrates.

"Je n'ai jamais dit à John Bolton que l'aide à l'Ukraine était liée à des enquêtes sur des démocrates, dont les Biden", a écrit, lundi, le Président américain, après les révélations de son ancien conseiller à la sécurité nationale. "Il ne s'en est d'ailleurs jamais plaint au moment de son limogeage très médiatisé", a-t-il insisté, l'accusant de surtout chercher à "vendre son livre".

John Bolton était connu pour ses positions va-t-en-guerre en diplomatie. Mais l'ex-conseiller a cette fois lâché une bombe sur la scène politique américaine. Depuis qu'il a été limogé en septembre par Donald Trump en raison de leurs désaccords sur la politique étrangère, les plus folles rumeurs circulaient sur ses intentions: allait-il régler ses comptes? Qu'allait-il raconter dans son livre, à paraître le 17 mars?

Dimanche soir, le New York Times a commencé à répondre à ces questions. Le grand quotidien américain a rapporté, en effet, que l'ancien conseiller affirme dans ce manuscrit que Donald Trump lui avait bien dit, en août, que le gel d'une aide militaire cruciale à l'Ukraine ne serait levé qu'en échange de garanties de Kiev sur l'ouverture d'enquêtes contre Joe Biden et son fils Hunter.

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Un penchant pour les technocrates

D'après un nouvel extrait du livre de John Bolton, toujours publié par le New York Times, l'ancien conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche s'est inquiété, en 2019, auprès du ministre américain de la Justice Bill Barr, de la tendance du président américain à accorder des faveurs à des technocrates. 

Cette conversation souligne le fait que le malaise à propos du goût apparent de M. Trump pour les dirigeants autoritaires existait aussi parmi certains des plus hauts membres de son gouvernement
New York Times
Le manuscrit de John Bolton relate notamment une rencontre Bill Barr. Au cours de leur conversation, John Bolton s'inquiète des faveurs accordées par Donald Trump aux  dirigeants turc et chinois, notamment en levant, contre l'avis de son gouvernement, des sanctions américaines contre la firme de télécommunications chinoise ZTE.

 

Toujours selon le manuscrit, Barr a répondu qu'il était également inquiet de l'influence exercée par le président américain sur des enquêtes en cours aux États-Unis contre des entreprises basées en Turquie et en Chine. 

Cette conversation "souligne le fait que le malaise à propos du goût apparent de M. Trump pour les dirigeants autoritaires, longtemps exprimé par des experts et par ses opposants, existait aussi parmi certains des plus hauts membres de son gouvernement", souligne le New York Times.

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La défense de Trump contre-attaque

Les affirmations explosives de John Bolton ont brouillé la défense du président, ce lundi, lors de la reprise de son procès en destitution devant le Sénat américain. Les avocats de Donald Trump ont tenté de reprendre l'offensive. Ils n'ont pas manqué de se lancer dans une attaque en règle contre l'ancien vice-président démocrate Joe Biden, son possible rival à l'élection présidentielle du 3 novembre prochain.

Rappelons que le milliardaire républicain fait l'objet de cette procédure historique d'impeachment notamment pour avoir demandé à l'Ukraine d'enquêter sur Joe Biden et sur les affaires de son fils Hunter dans ce pays gangrené par la corruption.
Majoritaires à la Chambre des représentants,  les démocrates l'ont mis en accusation pour "abus de pouvoir" et "entrave au travail du Congrès" le 18 décembre sans aucune voix républicaine. Ils estiment que le président a essayé de " salir" son adversaire potentiel pour faciliter sa réélection et qu'il a utilisé les moyens de l'État, notamment en gelant une aide militaire cruciale pour Kiev, pour parvenir à ses fins.

Dans sa plaidoirie, la défense de Donald Trump a affirmé que la destitution était une "arme thermonucléairetrop dangereuse pour s'appliquer en l'absence de "crime" au sens pénal du terme.

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