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Trump vante le "formidable" potentiel de la Corée du Nord

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Kim Jong-un et Donald Trump vont tenter de se mettre d'accord sur les engagements de Pyongyang en vue de l'abandon de ses programmes balistiques.

Le président américain dîne ce mercredi en petit comité avec le président nord-coréen, dans la capitale vietnamienne, Hanoï.  Donald Trump et Kim Jong-un ont entamé leur deuxième sommet en huit mois par une poignée demain. Il se sont montrés optimistes sur la possibilité de parvenir à un résultat "encore meilleur" qu'à Singapour.

Kim et Trump s’étaient quittés lors de leur sommet du 12 juin dernier à Singapour sur une vague promesse d’œuvrer en faveur de la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne. Depuis, aucun progrès concret n’a pu être observé alors que les deux parties ne se sont même pas accordées sur ce qu’elles entendaient précisément par dénucléarisation.

En outre, la Corée du Nord a beau faire valoir que cela fait plus d’un an qu’elle n’a plus mené d’essais nucléaires et balistiques, les services de renseignements américains ont produit des images satellitaires démontrant que le pays continue à produire des missiles et des ogives.

D’après le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, ce sommet ne suffira pas à ce qu’un accord définitif puisse être conclu entre les États-Unis et la Corée du Nord. Trump attendrait surtout de cette rencontre au sommet que les Nord-Coréens s’y engagent à faire les premiers pas vers un processus de dénucléarisation, a-t-il encore expliqué avant de s’envoler vers Hanoï.  

Le président lui-même ne disait pas autre chose dimanche. "Je ne suis pas pressé. Je ne veux presser personne. Je veux simplement qu’il n’y ait plus d’essais. Tant qu’il n’y a pas d’essais, nous sommes contents", a-t-il expliqué.

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Que peut-on attendre du sommet?

Au terme de ce deuxième sommet, les deux pays pourraient déclarer qu’ils ne sont officiellement plus en guerre. La guerre de Corée s’était en effet soldée en 1953 par un armistice sans que la paix ne soit jamais déclarée entre le nord d’une part, le sud et son allié américain d’autre part. C’est d’ailleurs ce qui justifie en grande partie que les États-Unis maintiennent près de 30.000 soldats en Corée du Sud. Une déclaration de paix pourrait remettre en question cette présence militaire.  

Les États-Unis pourraient également s’accorder avec la Corée du Nord pour l’ouverture de bureaux de liaison entre leurs deux pays et Washington pourrait donner son feu vert à la réalisation de projets communs entre les deux Corées.

Pour cela, il faudrait que Pyongyang fasse des concessions. Le pouvoir nord-coréen pourrait par exemple accepter pour de bon que des inspecteurs internationaux viennent contrôler ses installations nucléaires et balistiques. Pyongyang pourrait également accepter de se défaire de ses missiles intercontinentaux qui menacent le territoire américain.

La donne économique

In fine, ce que Washington veut obtenir, c’est la dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible de la Corée du Nord. De son côté, le président Kim est bien moins pressé de se défaire de sa carte nucléaire qui lui donne une certaine stature tant sur la scène internationale qu’en interne. Dans l’immédiat, il espère obtenir un allègement des sanctions économiques frappant son pays dont l’économie est en lambeaux et où la population manque de tout. Les Américains le savent bien. Trump ne s’y est d’ailleurs pas trompé en déclarant sur Twitter, à l’attention de son homologue nord-coréen, que "sans armes nucléaires son pays pourrait vite devenir l’une des grandes puissances économiques du monde".

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Arrivé au pouvoir fin 2011, Kim a entamé de timides réformes économiques en lâchant notamment la bride aux entreprises nord-coréennes. Mais l’économie de son pays a surtout besoin d’investissements, notamment pour moderniser des infrastructures tombées en décrépitude. Or, tant que les sanctions sont en place et que le risque d’un conflit avec le voisin sud-coréen et son allié américain reste latent, les investisseurs ne se risqueront pas en Corée du Nord.

Inquiétudes au Congrès

Jusqu’à présent, les États-Unis ont catégoriquement exclu de lever leurs sanctions sans dénucléarisation complète de la Corée du Nord. Le Congrès américain veut s’en tenir à cette ligne. Mais Trump pourrait lâcher du lest, comme il l’a laissé entendre dimanche. "Les sanctions sont en place. Tout est en place. Mais nous avons une bonne impression et je pense que cela peut donner quelque chose de très bon", a-t-il déclaré au grand dam des démocrates et des faucons républicains. Ceux-là n’ont toujours pas digéré que Trump ait accepté au printemps dernier de suspendre les exercices militaires menés par l’armée américaine avec la Corée du Sud sans réelles concessions nord-coréennes.  

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