Trump veut généraliser les forages offshore

©EPA

L’administration Trump planche sur un plan quinquennal visant à autoriser les forages offshore dans la quasi-totalité des eaux côtières US. Plusieurs gouverneurs se sont opposés au projet.

L’administration Trump vient de faire un nouveau cadeau à l’industrie des hydrocarbures en annonçant qu’elle souhaitait autoriser les forages dans la quasi-totalité des eaux côtières américaines, du jamais vu. L’annonce a fait l’effet d’une bombe auprès des environnementalistes, mais aussi de certains politiciens (y compris républicains). Elle a par contre de quoi combler une industrie pétrolière et gazière jusqu’à présent condamnée à se satisfaire de forages dans le golf du Mexique et dans quelques zones d’Alaska.

Près de 50 licences

Les propositions faites par l’administration Trump s’inscrivent dans le cadre du plan énergétique quinquennal sur lequel elle est en train de plancher. Appelé à couvrir la période 2019-2024, ce plan autoriserait les forages dans 90% des eaux côtières américaines. Pas moins de 47 autorisations pourraient être délivrées dont 19 au large des côtes d’Alaska. Douze licences pourraient être accordées dans le golfe du Mexique, 9 dans l’Atlantique et 7 dans le Pacifique. Seule zone qui resterait protégée: la partie nord du bassin des îles aléoutiennes, au sud-ouest de l’Alaska.

"Nous allons devenir la superpuissance énergétique la plus forte que le monde ait jamais connue."
Ryan Zinke
Ministre de l’Intérieur

Trump ne l’a jamais caché: il veut doper la production énergétique intérieure des Etats-Unis afin de limiter leur dépendance à des pays étrangers et leur rendre toute leur grandeur (selon son célèbre slogan "Make America great again"). "Nous allons devenir la superpuissance énergétique la plus forte que le monde ait jamais connue", a expliqué jeudi le ministre de l’Intérieur, Ryan Zinke, dont les services sont responsables de réguler les forages.

Pour l’instant, on en est cependant encore qu’au stade d’annonce et il y a fort à parier que d’administration Trump devra faire machine arrière ici et là. Zinke a d’ailleurs bien dû l’admettre: "les forages ne seront pas appropriés dans toutes les zones, et nous en tiendrons compte au cours des semaines à venir".

Les réactions outrées sont néanmoins venues de toutes parts alors que l’explosion, en 2010, de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon opérée par BP dans le golfe du Mexique est encore dans toutes les mémoires. La catastrophe avait fait 11 morts et provoqué une marée noire sans précédent aux Etats-Unis. Elle avait coûté près de 62 milliards de dollars à la compagnie pétrolière britannique.

Gouverneurs mobilisés

"Plutôt que d’écouter les gens qu’ils sont censés servir, Trump et Zinke écoutent les industriels qui ont financé leur campagne et composent leur administration", a lancé le Sierra Club, l’une des principales ONG environnementales US. Les gouverneurs démocrates des trois États bordant le Pacifique ont déjà dit qu’ils s’opposaient aux forages. Mais côté républicain, aussi, on fait la grimace. C’est notamment le cas des gouverneurs du Maryland et de Floride.

"Les habitants de la Floride et leurs dirigeants l’ont clairement dit encore et encore: nous ne voulons pas de forages près de nos côtes."
carlos curbelo
député républicain de floride

Particulièrement inquiet pour son industrie touristique, Rick Scott, le gouverneur de Floride, a immédiatement demandé à être reçu par Zinke. Scott pourrait bientôt briguer un poste de sénateur, de quoi expliquer aussi son empressement.

L’annonce de jeudi s’ajoute à d’autres mesures prises par Trump en faveur des énergies fossiles. Il avait déjà assoupli les règles de sécurité imposées après la catastrophe de Deepwater Horizon, autorisé l’exploration pétrolière dans une zone protégée de l’Alaska (ANWR) et annulé de nouvelles règles de sécurité en matière de fracturation hydraulique, sans parler de ses subsides à l’industrie du charbon.

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