Trump voit un accord possible avec Macron sur l'Iran

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A deux semaines d'une échéance cruciale pour l'avenir de l'accord sur le programme nucléaire iranien, Donald Trump a estimé qu'une position commune avec la France sur la question de l'Iran pouvait être trouvée prochainement, ... tout en adressant une nouvelle mise en garde à Téhéran.

Emmanuel Macron aurait-il mis de l'eau dans le vin du président Trump? Ce mardi, les deux hommes se sont entretenus à la Maison-Blanche. Au menu des discussions, la Chine, la politique commerciale des deux pays, mais aussi la question du programme nucléaire iranien et l'accord conclu en 2015 avec la République islamique, un dossier que le Français tente de "sauver" depuis plusieurs mois. 

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Avant de commencer la discussion, Donald Trump a rappelé avec le style qu'on lui connaît sa position sur l'accord iranien:"c'est un accord terrible qui n'aurait jamais dû être conclu. (...) Quel est ce genre d'accord qui permet de tester des missiles? (...) Nous allons en parler".

Mais à la sortie de son rendez-vous avec le président Macron dans le bureau Ovale, Donald Trump s'est montré plus nuancé, signalant qu'une position commune avec la France pouvait être trouvée d'ici deux semaines et le rendez-vous donné aux signataires européens de l'accord avec l'Iran pour revoir le texte.

"Nous pourrions au moins parvenir à un accord entre nous très rapidement, je pense que nous sommes sur le point de nous comprendre (sur ce sujet) et notre tête-à-tête s'est très bien passé".
Donald Trump
Président américain

Le 12 mai en point de mire

Signé par les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Union européenne, le JCPOA (Plan d'action global conjoint) a mis en place un encadrement des activités nucléaires iraniennes en échange d'une levée progressive des sanctions contre Téhéran. Donald Trump, qui n'a pas mâché ses mots depuis son élection sur cet accord, a donné aux signataires européens jusqu'au 12 mai pour "réparer les affreuses erreurs" de ce texte, faute de quoi il refuserait de prolonger l'assouplissement des sanctions américaines contre la République islamique.

"On ne déchire pas un accord pour aller vers nulle part, on construit un nouvel accord qui est plus large et qui permet de couvrir l'ensemble de nos préoccupations."
Emmanuel Macron
Président français

Le chef de l'Etat français propose depuis plusieurs mois d'adopter de nouvelles sanctions contre les activités balistiques de l'Iran et son rôle dans la région. Emmanuel Macron a ainsi appelé à inscrire la question de l'Iran dans "les défis de la région". "Nous partageons un objectif commun qui est d'éviter une escalade et d'éviter qu'il y ait une prolifération nucléaire dans la région, la question c'est de savoir quel est le meilleur chemin", a-t-il déclaré.

"La discussion que nous avons eue ensemble permet en tout cas d'ouvrir la voie de ce nouvel accord, qui me paraît indispensable, sur lequel nous allons travailler, sur lequel nous souhaitons associer, au-delà de l'ensemble des partenaires européens, les puissances de la région et évidemment la Russie et la Turquie", selon le président Macron. "C'est dans ce cadre d'ailleurs que nous pourrons dans la durée, ensemble construire une solution à la situation en Syrie", a-t-il ajouté, appelant à inclure la situation du pays dans un accord global.

Dans la foulée des dernières déclarations de Donald Trump, l'entourage du chef de l'Etat français s'est efforcé de minimiser les divergences entre Paris et Washington. "Nous savions que le sujet était sensible et parmi les priorités de cette visite d'Etat", a-t-on indiqué. "Nous avançons pour défendre les positions françaises et européennes qui ne sont pas incompatibles selon nous avec les préoccupations américaines".

Éclaircies sur la Chine, aussi

Donald Trump a aussi estimé qu'il y avait de bonnes chances que les Etats-Unis et la Chine parviennent à un accord pour régler leurs différends commerciaux. Le président américain a précisé que le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, se rendrait en Chine dans les quelques jours pour négocier.

Il a également déploré que l'Europe ait des barrières douanières "inacceptables", ce qui complique selon lui les relations commerciales avec la France.

Le président iranien doute des capacités du "commerçant Trump" à négocier 

Le président iranien Hassan Rohani conteste la légimité d'un éventuel nouvel accord sur le nucléaire iranien. Il répond ainsi aux propos tenus la veille en ce sens par ses homologues français et américain.

"Ensemble, avec un chef d'un pays européen, ils disent: 'nous voulons décider pour un accord conclu à sept'. Pour quoi faire? De quel droit?", s'interroge Rohani dans un discours à Tabriz (nord de l'Iran).

"Vous voulez dire comment cela devrait se passer dans les prochaines années. Dites-nous, s'il vous plaît, d'abord ce que vous avez fait au cours de deux dernières années." L'Iran accuse régulièrement les Occidentaux de manquer à leurs engagements.

Avec l'accord sur le nucléaire, "nous avons montré notre bonne volonté au monde [...] Nous voulions prouver au monde que l'Iran ne cherche pas à se doter d'armes de destruction massive. Avec cet accord, nous avons fait tomber les accusations et prouvé que les Etats-Unis et Israël mentent à propos de l'Iran depuis des décennies."

Le président iranien tape aussi sur le clou. Il juge "le commerçant Trump" incapable de négocier des traités internationaux. "Vous n'êtes qu'un homme d'affaires [...] Vous n'avez aucune expérience en politique ni en matière de droit ou d'accords internationaux."

 

 

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