Trump voudrait nommer Amy Coney Barrett à la Cour suprême

©EPA

Selon la chaîne d'information CNN, le choix de Donald Trump pour remplacer l'icône féministe Ruth Bader Ginsburg se porte sur Amy Coney Barrett.

Le président américain Donald Trump veut nommer Amy Coney Barrett pour remplacer la juge de la Cour suprême Ruth Bader Ginsburg, rapporte la chaîne d'information CNN sur base de sources internes au sein du Parti républicain. Trump annoncera officiellement le candidat de son choix ce samedi.

Barrett est considérée comme favorite depuis plusieurs jours maintenant. Elle est âgée de 48 ans et figurait déjà sur la liste des remplaçants possibles du juge en chef Anthony Kennedy, qui a pris sa retraite en 2018. Trump avait alors choisi de mettre en avant Brett Kavanaugh. Barrett est une fervente catholique, mère de sept enfants, dont deux ont été adoptés, et une farouche opposante à l'avortement.

Amy Coney Barrett ©via REUTERS

Le choix d'Amy Coney Barrett pourrait galvaniser l'électorat religieux conservateur sur lequel Donald Trump s'est largement appuyé pour se faire élire il y a quatre ans. Lors d'un meeting de campagne vendredi en Floride, où le vote latino est crucial, M. Trump a aussi tenu à affirmer que son rival Joe Biden avait été "très mauvais envers les Hispaniques". Parlant ensuite enn Géorgie, il a affirmé "avoir fait plus pour la communauté noire en 47 mois .. que Joe Biden en 47 ans".

Confirmation officielle ce soir

Si cette professeure de droit est effectivemnt désignée samedi puis confirmée par le Sénat, elle viendra renforcer la majorité conservatrice au sein de cette institution. "Nous allons annoncer quelqu'un de fantastique!", a lancé vendredi soir le président américain lors d'un meeting de campagne à Newport News, en Virginie, sans en dire plus sur son choix. "Je pense que demain (samedi) va être une grande journée!", a-t-il ajouté devant une foule enthousiaste, qui a applaudi à tout rompre à l'évocation de cette annonce, à moins de 40 jours de l'élection présidentielle.

"Je n'ai pas dit que c'était elle, mais elle est extraordinaire."
Donald Trump

Le milliardaire républicain doit confirmer officiellement samedi à 17H00 (21H00 GMT, 23H00 chez nous) depuis la Maison Blanche le nom d'Amy Coney Barrett. Trop tôt pour les démocrates qui sont vent debout, arguant qu'il devrait attendre l'élection avant de de faire basculer dans le camp conservateur cette institution qui tranche, aux Etats-Unis, les principales questions de société, comme l'avortement ou le droit de porter des armes. C'est que Donald Trump a engagé au pas de course le processus pour pouvoir ancrer durablement la Cour suprême dans le conservatisme, ses juges étant nommés à vie...

Si sa candidate est confirmée, comme attendu, par le Sénat à majorité républicaine, la Cour suprême ne comptera plus que trois juges progressistes sur ses neuf magistrats. Interrogé un peu plus tôt vendredi, Donald Trump avait répondu: "Je n'ai pas dit que c'était elle, mais elle est extraordinaire". A-t-il pris sa décision? "Dans ma tête, oui".

Opposition des démocrates

Les démocrates se sont toujours opposés à ce que Barrett devienne juge, car ils craignent qu'elle ne soutienne une réduction des droits à l'avortement et l'annulation de l'Obamacare. Les critiques craignent également que les croyances religieuses de Barrett n'influencent ses décisions en tant que juge.

Un revirement de dernière minute n'est pas exclu.

Les sources républicaines mentionnées dans les médias américains n'excluent pas la possibilité d'un "revirement de dernière minute" du président sur son choix pour la Cour suprême. "Il ne s'est pas, à ce que l'on sache, entretenu avec d'autres candidates", précise néanmoins le New York Times. Plus tôt, le président a annoncé que le nouveau juge serait "probablement une femme".

L'autre candidate est Barbara Lagoa (52 ans). Elle est la première femme d'origine latino-américaine à avoir été nommée juge à la Cour suprême de Floride avant d'occuper son poste actuel à la Cour d'appel fédérale d'Atlanta. Née en Floride de parents ayant fui le régime communiste de Fidel Castro, elle aurait pu constituer pour Donald Trump un atout politique de poids dans cet Etat du Sud potentiellement décisif pour la présidentielle. Une "femme formidable" et "Hispanique", avait souligné le républicain, qui a indiqué vendredi soir ne pas l'avoir rencontrée en personne.

©via REUTERS

Lorsqu'il aura désigné sa candidate, celle-ci devra encore être approuvé par le Sénat. Les républicains étant majoritaires au Sénat à la majorité simple, ils devraient accepter le choix du Président. Malgré le tollé démocrate, la chambre haute devrait se prononcer avant la présidentielle du 3 novembre.

Hué lors de l'hommage à "RBG"

Signe des tensions politiques, c'est sous les huées de manifestants que Donald Trump était venu se recueillir jeudi devant la dépouille de Ruth Bader Ginsburg, exposée à l'entrée de la Cour suprême.

Une semaine tout juste après son décès, à 87 ans, "RBG" a reçu vendredi ses derniers hommages solennels au Capitole des Etats-Unis, en présence du candidat démocrate à la Maison Blanche Joe Biden et de sa colistière, Kamala Harris. "Aujourd'hui, la juge Ginsburg a marqué l'histoire une dernière fois", a tweeté l'ancien vice-président américain.

Elle est la première femme à recevoir un tel hommage au siège du Congrès américain et la première personne de confession juive. Avant elle, la dépouille de Rosa Parks, figure de la lutte pour les droits civiques, avait été exposée sous la rotonde en 2005.

Ruth Bader Ginsburg sera inhumée dans l'intimité la semaine prochaine au cimetière national d'Arlington, près de Washington. Orné du drapeau américain, son cercueil a quitté le Capitole, traversant une haie d'honneur formée, en vaste majorité, par des femmes républicaines et démocrates. Un rare signe d'union dans une Amérique profondément divisée.

©Photo News

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