Un essai de missile américain condamné par la Russie et la Chine

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Moscou et Pékin crient à l'escalade militaire après un essai d'un missile américain, premier du genre depuis l'annulation par Donald Trump du traité de désarmement INF.

La Russie et la Chine ont condamné d'une même voix le premier essai par les Etats-Unis d'un missile de portée intermédiaire depuis la Guerre froide, dénonçant le risque d'une "escalade des tensions militaires" et d'une relance de la course aux armements. Ce test américain entérine la mort du traité de désarmement INF qui abolit l'usage - par la Russie et les Etats-Unis seuls - des missiles terrestres d'une portée de 500 à 5.500 kilomètres, officiellement suspendu par les deux puissances rivales il y a moins d'un mois.

"Ils s'y préparaient depuis le début car il est impossible de mettre en oeuvre un essai pareil en seulement quelques semaines, quelques mois."
Dmitri Peskov
Porte-parole du Kremlin

L'essai, réussi, a été effectué dimanche depuis l'île de San Nicolas, au large de la Californie (ouest), à 23H30 heure belge, selon le Pentagone, qui a précisé qu'il s'agit d'une "variante d'un missile de croisière d'attaque sol-sol Tomahawk".

Cet essai a été vivement critiqué par Moscou, pour qui il "montre une nouvelle fois que les Américains travaillaient en vue de la destruction du traité INF". "Ils s'y préparaient depuis le début car il est impossible de mettre en oeuvre un essai pareil en seulement quelques semaines, quelques mois", a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. "Cela signifie que ce n'est pas la Russie mais les Etats-Unis qui ont par leurs actions mené à la mort du traité INF", a-t-il estimé. 

La Chine a déploré "une escalade des confrontations militaires" qui "aura de graves conséquences négatives pour la sécurité régionale et internationale".

La Chine a de son côté déploré, par la voix du porte-parole de sa diplomatie Geng Shuang, "une escalade des confrontations militaires" qui "aura de graves conséquences négatives pour la sécurité régionale et internationale". Il a accusé Washington de chercher "la supériorité militaire unilatérale".

Après six mois d'un dialogue de sourds, la Russie et les Etats-Unis avaient pris acte début août de la fin du traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF), dont la signature à la fin de la Guerre froide en 1987 avait mis un terme à la crise des euromissiles, déclenchée par le déploiement en Europe des SS-20 soviétiques à têtes nucléaires.

©AFP

Le traité avait été dénoncé par le président américain Donald Trump le 1er février, puis par Moscou le lendemain, les deux pays s'accusant mutuellement de le violer. Il ne reste désormais en vigueur qu'un seul accord nucléaire bilatéral entre Moscou et Washington: le traité START, qui maintient les arsenaux nucléaires des deux pays bien en-deçà du niveau de la Guerre froide. Il doit arriver à échéance en 2021.

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