Un Trump plus modéré attendu pour son discours sur l'état de l'Union

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Le Président américain fera ce mardi soir son discours sur l’état de l’Union devant le Congrès. Il en profitera notamment pour vanter l’effet Trump sur l’économie américaine. Les élus l’attendront surtout sur l’immigration, le gros morceau politique du moment aux Etats-Unis.

Techniquement, Donald Trump fera ce mardi soir son premier discours sur l’état de l’Union. Mais ce sera la deuxième fois qu’il s’exprimera devant les chambres réunies du Congrès. Comme ce fut le cas le 28 février 2017, soit un bon mois après son investiture, le Président républicain devrait tenter d’arrondir les angles, s’il faut en croire les rumeurs circulant ces derniers jours. Et s’il s’en tient au discours concocté par ses conseillers et qui devrait tourner autour du thème "construire une Amérique sécurisée, forte et fière", selon les médias US.

Ratisser plus large

Le défi est de taille. La première année de présidence Trump a été riche en polémiques. Le dernier sondage Gallup en date le pointe à 36% d’opinions favorables à peine. En termes d’image, c’est une catastrophe à un peu plus de neuf mois des élections de mi-mandat, un scrutin au cours duquel les Présidents exerçant leur premier mandat à la Maison- Blanche perdent traditionnellement des plumes au Congrès.

Trump va devoir ratisser un peu plus large que du côté de sa base électorale d’ici aux élections et convaincre les Américains qu’il a fait du bon boulot.
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Trump peut pour l’instant y compter sur une double majorité républicaine, mais elle est réduite à sa plus simple expression au Sénat (51 sièges sur 100) et il n’est pas à l’abri d’un retournement de situation à la Chambre. Bref, il va devoir ratisser un peu plus large que du côté de sa base électorale d’ici aux élections et convaincre les Américains qu’il a fait du bon boulot.

Ce soir, il devrait notamment dresser un tableau idyllique de l’économie et des marchés américains, faire l’étalage des régulations que son administration a déjà enterrées, et vanter ses baisses d’impôts. Il devrait également en profiter pour lancer son prochain grand chantier – la modernisation des infrastructures – qui pourrait s’avérer rassembleur.

Hors des frontières américaines, on sera surtout attentif à ce qu’il dira au sujet de la Corée du Nord, de l’Iran, de la question israélo-palestinienne ou encore des échanges commerciaux.

Le gros morceau

Mais Trump devrait surtout s’attarder sur le gros morceau politique du moment: l’immigration. La semaine dernière, il s’est dit prêt à protéger jusqu’à 1,8 million de jeunes immigrés clandestins arrivés aux Etats-Unis alors qu’ils étaient enfants (les "dreamers") contre une déportation, et même à leur proposer un parcours de régularisation.

Mais il demande en contrepartie 25 milliards de dollars pour ériger son mur à la frontière mexicaine et y renforcer les contrôles. Il veut également réduire les possibilités de regroupement familial et supprimer la loterie des visas américains. Les démocrates ne semblent pour l’instant pas prêts à un tel compromis.

Preuve de l’importance politique des "dreamers", c’est eux qui seront les mieux représentés dans les galeries réservées aux personnes invitées par les élus du Congrès à venir écouter le discours sur l’état de l’Union.
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Preuve de l’importance politique des "dreamers", c’est eux qui seront les mieux représentés dans les galeries réservées aux personnes invitées par les élus du Congrès à venir écouter le discours sur l’état de l’Union. Ils seront une vingtaine, dont Aldo Solano, un étudiant de l’Oregon.

Le jeune activiste représentera le député Earl Blumenauer qui a décidé de boycotter le discours de Trump. Ils seront une poignée d’autres démocrates à faire l’impasse. Ce ne sera pas le cas de Joe Kennedy (le petit-neveu du président Kennedy) et d’Elizabeth Guzman, les deux députés démocrates chargés de répondre au discours de Trump.

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