Une "promesse" de Trump sème le trouble à Washington

©AFP

Le président américain aurait fait une "promesse" à un "dirigeant étranger" suffisamment perturbante pour qu’un lanceur d’alerte intervienne. La presse américaine croit savoir que l’Ukraine est concernée.

Après l’affaire russe, l’affaire ukrainienne? De nouvelles révélations sont venues secouer Washington cette semaine. À l’origine de cette histoire: un lanceur d’alerte. Le Washington Post a révélé mercredi qu’un officier du renseignement américain avait été suffisamment troublé par une "promesse" faite par Donald Trump à "un dirigeant étranger " pour déclencher le 12 août un signalement à l’inspecteur général du renseignement américain, Michael Atkinson.

Nous sommes déterminés à faire tout ce qui est en notre pouvoir afin de déterminer ce qu’est ce problème urgent et de nous assurer que la sécurité nationale est protégée.
Adam Schiff
Président de la commission du renseignement de la Chambre

Ce dernier, qui considère le signalement comme suffisamment "urgent et crédible" pour en référer au Congrès, est apparu jeudi devant la commission du renseignement de la Chambre des représentants. Il a toutefois gardé sa langue dans sa poche: le directeur du renseignement Joseph Maguire et le ministère de la Justice lui ont en effet interdit de s’exprimer sur le fond du dossier.

Les démocrates, majoritaires dans cette commission du Congrès, dénoncent une possible tentative d’entrave de la Maison Blanche. "Nous sommes déterminés à faire tout ce qui est en notre pouvoir afin de déterminer ce qu’est ce problème urgent et de nous assurer que la sécurité nationale est protégée", a déclaré le chef de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants Adam Schiff. 

Ukraine?

Un nouveau rebondissement, jeudi soir, a peut-être éclairé la lanterne d'Adam Schiff. Le Washington Post et le New York Times croient savoir que le signalement du lanceur d’alerte concerne l’Ukraine. Or il se trouve que, le 25 juillet, Donald Trump s’est entretenu par téléphone avec le nouveau président ukrainien Volodymyr Zelensky. Si les deux journaux se gardent de faire un rapprochement direct entre les deux informations, ils laissent la porte ouverte.

"Quasiment à chaque fois que je parle au téléphone à un dirigeant étranger, je suis conscient qu'il y a de nombreuses personnes de différentes agences américaines qui peuvent être à l'écoute, sans mentionner celles de l'autre pays en question. Pas de souci!", a réagi Donald Trump. "Sachant cela, peut-on être assez stupide pour croire que je dirais quelque chose de regrettable à un dirigeant étranger?", a-t-il tweeté. Cela dit, l’inspecteur général Michael Atkinson a expliqué jeudi que le signalement ne se basait pas que sur une seule conversation.

Quelle promesse?

Si le "dirigeant étranger" est bien le président ukrainien, et si "promesse" il y a eu, de quoi peut-il bien s’agir et en échange de quoi? Des élus démocrates se sont déjà inquiétés, début septembre, des efforts de Donald Trump et de son avocat personnel Rudy Giuliani "pour forcer le gouvernement ukrainien à mener deux enquêtes politiquement motivées". L’une aurait pour but d’aider Paul Manafort, l’ex-directeur de campagne de Trump emprisonné pour fraude. L’autre viserait le fils de Joe Biden, le favori du camp démocrate pour la présidentielle 2020. Hunter Biden a fait partie du conseil d’administration de Burisma, une compagnie gazière ukrainienne.

Giuliani gaffe sur CNN

©REUTERS

Interrogé jeudi soir par CNN, Rudy Giuliani, le roi de la gaffe, a admis avoir demandé à l’Ukraine d’enquêter sur Joe Biden. Il cherchait à savoir si l’ex-vice-président avait poussé Kiev à clore une enquête sur son fils. Le bras droit du président des Etats-Unis reconnaît donc avoir demandé à un pays étranger d’enquêter sur un rival politique…

Six mois après la fin de l’enquête russe, ce dossier ukrainien, encore parsemé de mystères, pourrait devenir un nouveau feuilleton. Le directeur du renseignement Joseph Maguire doit, lui aussi, être interrogé au Congrès jeudi prochain. L’affaire risque en tout cas de compliquer plus encore les relations déjà difficiles entre Donald Trump et la communauté du renseignement.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect