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Vers un bras de fer entre Bernie Sanders et Joe Biden au Super Tuesday

Joe Biden, que l'on voit ici faire campagne en Virginie, l'un des États qui votera lors du Super Tuesday, voit de nouveau affluer les dons dans les caisses de sa campagne. ©EPA

Quatorze États voteront mardi aux primaires démocrates. Fort de sa large victoire en Caroline du Sud, Joe Biden est redevenu le candidat le plus crédible du camp modéré. Il compte bien ravir la place de favori au socialiste Bernie Sanders.

Les choses sérieuses commencent. Les candidats à l'investiture démocrate s’apprêtent à affronter le verdict des urnes dans 14 États américains mardi. Lors de ce Super Tuesday, 1.357 délégués seront en jeu. C’est énorme. Pour remporter l'investiture dès le premier tour lors de la convention démocrate, qui se tiendra en juillet, un candidat aura besoin d’au moins 1.991 délégués

Les dons ont recommencé à affluer dans les caisses de Biden, comme si les dernières semaines d’échecs, de trous de mémoires et de maladresses avaient déjà été oubliées.

Bernie Sanders est toujours le favori des bookmakers. Le socialiste, vainqueur dans le New Hampshire et le Nevada, dispose pour l’instant de 58 délégués et bénéficie de sondages prometteurs au Texas (228 délégués) et en Californie (415 délégués), les deux plus gros États à voter mardi. Le sénateur du Vermont a pourtant perdu un peu de son avance, samedi, lors de la primaire de Caroline du Sud. Ses difficultés à rallier le vote noir, malgré les nombreux efforts de sa campagne, y ont causé son échec.

Joe Biden reprend des couleurs

Les malheurs de Sanders en Caroline du Sud ont fait le bonheur de Joe Biden. L’ex-vice-président de Barack Obama a obtenu dans cet État, le premier du sud du pays à voter, un plébiscite avec près de 50% des voix. Il est désormais second dans la course avec 50 délégués.

Les dons ont recommencé à affluer dans les caisses de Biden, comme si les dernières semaines d’échecs, de trous de mémoires et de maladresses avaient déjà été oubliées. Il compte sur sa victoire de samedi pour rallier tout le Sud – où l’électorat afro-américain est important – à sa cause. Il faudra donc garder un œil mardi sur les États de l’Alabama, du Tennessee, de l’Oklahoma ou encore de l’Arkansas.

Pete Buttigieg hors course

Joe Biden va peut-être bénéficier d’un autre élément: l’annonce surprise, dimanche soir, du retrait du benjamin de la course. Pete Buttigieg, le maire modéré de Southbend qui voulait dépoussiérer la politique américaine, a jeté l’éponge après un piètre score en Caroline du Sud, là aussi faute d’avoir pu convaincre l’électorat noir. Le jeune candidat n’a jamais vraiment profité de l’élan de sa victoire en Iowa. Son abandon suit celui du milliardaire Tom Steyer samedi soir. Si bien que Joe Biden, 77 ans, est désormais le plus jeune des candidats masculins.

Michael Bloomberg pourrait profiter du retrait de Pete Buttigieg. ©EPA

Michael Bloomberg pourrait aussi profiter du retrait de Pete Buttigieg en attirant les électeurs centristes qui estiment Joe Biden trop fragile pour affronter Donald Trump. Mais là encore, l’électorat afro-américain sera un obstacle sur la route de l’investiture, malgré les milliards du candidat qui fait son entrée officielle en course mardi. Dimanche, dans une église de Selma, célèbre ville de l’Alabama endeuillée par un massacre de manifestants pour les droits civiques en 1965, plusieurs fidèles lui ont tourné le dos alors qu’il faisait un discours. Une manière d’affirmer que leur vote ne sera pas acheté.

Quid des autres candidats?

Elizabeth Warren, à la traîne, pourrait bénéficier du report d’une partie des électeurs de Pete Buttigieg. Tous les deux étaient populaires au sein de l’électorat le plus diplômé. À moins qu’elle ne préfère, elle aussi, abandonner et encourager des partisans à voter pour Bernie Sanders, plus proche de ses idées. Mais le ton entre sa campagne et celle du sénateur du Vermont est monté ces dernières semaines… 

De nombreux élus de circonscriptions indécises, qui souhaitent garder leur siège en novembre, craignent que devoir défendre Bernie Sanders, un socialiste autoproclamé, ne les mène à la catastrophe.

Amy Klobuchar, la sénatrice modérée du Minnesota, a décidé pour sa part d'abandonner. La Caroline du Sud ne lui a pas du tout réussi et, à part dans son État qui vote mardi, les sondages ne lui prédisaient aucune victoire. Elle sera donc restée un tout petit peu plus longtemps que son meilleur ennemi Pete Buttigieg, s’amusaient les commentateurs politiques à Washington. Les deux candidats, qui jouaient la carte du Midwest chacun à sa façon, n’ont cessé de se chamailler lors des débats. 

Reste Tulsi Gabbard, la candidate qui fait bande à part au sein du parti démocrate et dont les scores sont si faibles que les médias américains l’ont quasiment oubliée.

Zizanie annoncée

Sauf surprise à l’issue du Super Tuesday, deux grands blocs devraient donc être renforcés: celui des progressistes, avec Bernie Sanders, et celui des modérés, avec Joe Biden.

L’establishment du parti a déjà choisi le camp de l’ex-vice président. De nombreux élus de circonscriptions indécises, qui souhaitent garder leur siège en novembre, craignent que devoir défendre un socialiste autoproclamé ne les mène à la catastrophe. Si bien que l’hypothèse d’une convention contestée fait son chemin. Face à cette zizanie annoncée, s’il y en a un qui se frotte les mains, c’est bien Donald Trump.

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