Vexé, Trump accélère la succession de son ministre de la Défense

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James Mattis avait annoncé sa démission du poste de secrétaire à la Défense. En cause, la décision présidentielle sur le retrait des troupes en Syrie et en Afghanistan. Sa lettre de démission est mal passée auprès de Donald Trump, qui nomme Patrick Shanahan en remplacement dès le 1er janvier.

James Mattis avait annoncé la semaine dernière démissionner de son poste de secrétaire à la Défense. Son départ était annoncé fin février, mais le président américain en a décidé autrement. 

Il a ainsi accéléré le remplacement de Mattis annonçant la nomination de , jusqu'ici son adjoint au Pentagone. Il prendra ses fonctions le 1e janvier sur une base intérimaire.

Une lettre de démission qui passe mal

Dans un premier temps, Trump avait salué le travail de Jim Mattis dans le tweet annonçant son départ. Il affirmait alors qu'il se retirait "avec les honneurs" et que "durant le ministère de Jim, de grands progrès avaient été accomplis".

 

James Mattis a démissionné en signe de protestation contre le retrait des forces américaines de Syrie annoncé par le président. Un ordre de retrait désormais signé. Selon des sources proches de l'administration fédérale, Trump n'a pas du tout apprécié le contenu de la lettre de démission de Mattis et sa remise en cause de la politique étrangère que mène le président républicain. "Je ne pense pas que ce soit le genre de lettre de démission que l'on devrait écrire", a dit à la presse un haut responsable de l'administration présidentielle. Mattis aurait donc été informé dimanche de l'accélération du calendrier de son départ par le secrétaire d'État, Mike Pompeo.

James Mattis devait quitter son poste de secrétaire à la Défense fin février. Le Président en a décidé autrement. ©REUTERS

Dans sa lettre de démission qu'il a rendue publique, l'ex-général, issu du corps des Marines, partage notamment sa conviction que "les États-Unis doivent conserver des alliances fortes et respecter leurs alliés". Il ajoute qu'il préfère laisser sa place à un secrétaire à la Défense qui partagera davantage la vision du chef de la Maison-Blanche.

Le départ de ce dernier, très respecté par des républicains, mais aussi par des démocrates, a accru les inquiétudes liées au rapport que Trump entretient avec les questions de sécurité mondiale, que de nombreux observateurs qualifient d'approche imprévisible et solitaire. Le président, a dit ce responsable sous couvert d'anonymat, "veut simplement une transition souple et rapide et a eu le sentiment que la faire durer pendant deux mois n'était pas bon".

Une décision "choc"

Le départ de Jim Mattis a été suivi vendredi par celui de l'émissaire des États-Unis pour la coalition internationale antijihadiste Brett McGurk. Selon plusieurs médias américains, il avait décidé de quitter son poste en février, mais il a avancé cette échéance après les derniers rebondissements.

Selon le courriel annonçant sa démission à ses collègues, que le New York Times s'est procuré, Brett McGurk a qualifié la décision présidentielle de "choc" et de "renversement complet par rapport à la politique qui nous avait été présentée".
Le retrait de Syrie "a laissé nos partenaires de la coalition troublés et nos partenaires dans les combats désemparés", a-t-il écrit."Je me suis employé cette semaine à essayer de gérer certaines retombées (...), mais finalement j'ai conclu que je ne pouvais appliquer ces nouvelles instructions et maintenir mon intégrité".

Quant à Patrick Shanahan, il n'a jamais servi dans l'armée et a effectué la majeure partie de sa carrière dans le privé. Ancien cadre dirigeant de Boeing, il est devenu secrétaire adjoint à la Défense en juillet 2017. Né dans l'État de Washington, dans le nord-ouest des États-Unis, il était alors un des vice-présidents senior de Boeing Missile Defense Systems.

Erdogan va "éradiquer" l'EI en Syrie, rapporte Trump

Donald Trump a déclaré tard dimanche soir que son homologue turc Recep Tayyip Erdogan lui avait affirmé que la Turquie allait "éradiquer" ce qui reste du groupe Etat islamique en Syrie. "Le président Erdogan de Turquie m'a très fermement informé qu'il éradiquerait ce qui reste de l'EI en Turquie", écrit sur son fil Twitter. Il ajoute que la Turquie, du fait de sa position géographique, est la mieux placée pour ce faire.

"Nos soldats rentrent à la maison !", conclut Trump.

A droite, Patrick Shanahan jusqu'ici numéro deux du Pentagone. ©Photo News

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