Week-end meurtrier aux Etats-Unis

©AFP

Deux fusillades dans deux villes en moins de 24 heures ont fait 29 morts aux Etats-Unis ce week-end.

El Paso, Texas, 20 morts. Dayton, Ohio, 9 morts. En moins de 24 heures, les Etats-Unis ont connu deux fusillades meurtrières. Retour sur ce week-end particulièrement sanglant.

Que s'est-il passé?

250
fusillades
Depuis le début de l'année, plus de 250 fusillades ont fait quatre victimes, morts et blessés confondus, selon un décompte de l'organisation Gun archives violence.

A El Paso au Texas, tout près de la frontière mexicaine, un homme seul armé d'un fusil d'assaut a ouvert le feu samedi matin dans les rayons et sur le parking d'un hypermarché Walmart prisé de la communauté hispanique, tuant 20 personnes et faisant 26 blessés. Il s'est rendu et a été placé en garde à vue.

Treize heures plus tard à Dayton dans l'Ohio, dans le nord-est du pays, un homme ouvre le feu dans un quartier animé du centre-ville peu après une heure du matin, faisant neuf morts et 27 blessés. Le suspect, qui utilisait un fusil d'assaut équipé de chargeurs à grande capacité, avait des munitions supplémentaires et un gilet pare-balles. Il a été tué moins d'une minute après avoir ouvert le feu par des policiers qui étaient en patrouille dans les environs. 

Qui sont les tireurs?

Patrick Crusius, inculpé pour la tuerie d'El Paso, qualifiée d'"acte de terrorisme intérieur" par les autorités américaines. ©EPA

A El Paso, le tireur est un homme blanc de 21 ans originaire d'Allen, près de Dallas, à neuf heures de voiture du lieu du crime. Selon certains médias, il s'appelle Patrick Crusius. L'homme a été inculpé pour meurtres, a annoncé la police. Les autorités déclaré qu'elles allaient requérir la peine de mort à son encontre.

A Dayton, la police a annoncé que l'auteur de la fusillade était Connor Betts, un homme blanc de 24 ans. Sa soeur, Megan Betts, figure parmi les victimes.

Quelles étaient leurs motivations?

A El Paso, la police soupçonne un motif raciste et traite l'affaire comme un cas de "terrorisme intérieur". Elle enquête sur un manifeste attribué au tireur et dénonçant notamment "une invasion hispanique du Texas". 

Dans l'Ohio, le chef de la police locale, Richard Biehl, a refusé de spéculer sur les motivations du jeune homme. "Nous n'avons pas assez d'informations à ce stade pour répondre à la question que tout le monde se pose: pourquoi ?"

Qui sont les victimes?

Parmi les victimes de la tuerie d'El Paso, qui n'ont pas encore été identifiées, figurent six Mexicains. Selon certains médias, les blessés sont âgés de deux à 82 ans. Une femme de 25 ans est morte en protégeant son bébé de deux mois, a affirmé sa soeur. 

Dans l'Ohio, la police a identifié les neuf victimes du tireur comme étant cinq hommes et quatre femmes. Parmi elles, six étaient noires et trois blanches. La plus jeune, la soeur du tireur, avait 22 ans et le plus vieux, 57 ans. La fusillade a duré si peu de temps qu'il est "difficile d'imaginer" que le tireur ait choisi sciemment toutes ses victimes, a souligné un policier.

"Il n'y a pas de place pour la haine dans notre pays", a réagi Donald Trump. "Il faut que ça s'arrête. Ca dure depuis des années". "Peut-être qu'on peut faire davantage", a-t-il ajouté. ©AFP

Donald Trump a été accusé par ses adversaires démocrates d'alimenter la montée de l'intolérance. "M. le président, arrêtez votre rhétorique raciste, haineuse et anti-immigrés", a tweeté Bernie Sanders. "Votre langage créé un climat qui encourage les extrémistes violents", a-t-il ajouté. ©AFP

Walmart, vendeur d'armes à feu touché par deux fusillades

Après ces tragédies, Walmart n'a pas "donné de directive" modifiant sa politique en ce qui concerne les armes à feu, a indiqué un porte-parole. 
"Nous nous concentrons sur l'apport de soutien à nos salariés, à nos clients et à toute la communauté d'El Paso", a-t-il également déclaré. Samedi, le patron de Walmart, Doug McMillon, avait, dans un post sur Instagram assurant les victimes de la tragédie d'El Passo de ses prières, regretté: "Je ne peux pas croire que je doive envoyer un tel message deux fois en une semaine".  

Le fondateur de l'empire commercial, Sam Walton, aimait les armes à feu. A tel point que la société Remington a donné son nom à un de ses modèles de fusil de chasse. Mais le groupe a aussi pris des mesures restrictives au fil des ans, en cessant par exemple dès 1993 de proposer revolvers et pistolets. 

L'entreprise, qui assure vouloir se consacrer uniquement aux "sportifs et chasseurs", ne vend plus de fusils d'assaut semi-automatiques depuis 2015. Et après la tuerie de Parkland en Floride, qui avait fait 17 morts dans un lycée en février 2018, Walmart a relevé l'âge de vente des armes et des munitions dans ses magasins à 21 ans. De façon générale, "Walmart va au-delà des lois fédérales en exigeant un contrôle des antécédents judiciaires avant tout achat d'armes à feu", assure aussi Randy Hargrove. 

Et quand le Nouveau Mexique a passé une loi obligeant le magasin à éventuellement devoir mener des contrôles d'antécédents pour des transactions entre particuliers, le groupe a préféré renoncer complètement à toute vente dans l'Etat. Tout nouvel employé est par ailleurs obligé de suivre une formation aux situations de fusillade, une formation qu'il doit répéter sur ordinateur quatre fois par an.

Parce qu'il s'agit de la plus grande chaîne du pays, Walmart continue malgré tout à s'attirer de nombreuses critiques. Sur Twitter, en réponse au message officiel assurant que la société était "sous le choc" après la tragédie d'El Paso, un grand nombre de commentaires disaient simplement: "Arrêtez de vendre des armes". 

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