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Weinstein, inculpé pour viol et agression sexuelle, va plaider non-coupable

©AFP

Le producteur déchu Harvey Weinstein a été inculpé ce vendredi pour un viol et une agression sexuelle, sur deux femmes différentes. Le producteur de 66 ans, à l'origine du déclenchement du mouvement #MeToo, a été présenté à un juge avant d'être libéré sous caution. Il va plaider non-coupable, selon son avocat.

Le producteur de cinéma Harvey Weinstein, accusé par des dizaines de femmes d'agressions sexuelles, a été inculpé ce vendredi à New York pour un viol et une agression sexuelle, sa première inculpation depuis les premières allégations contre lui il y a sept mois.

Weinstein, 66 ans, en veste bleu marine sur pull bleu et chemise claire, trois livres sous le bras, était arrivé peu avant 13H30 au commissariat du sud de Manhattan, non loin de là où il avait un temps des bureaux et à une courte distance aussi de sa maison de Greenwich Village. Attendu par des dizaines de caméras du monde entier, il n'a fait aucune déclaration.

La police new-yorkaise a précisé peu après qu'il avait été inculpé pour un viol commis en 2013 et une agression sexuelle en 2004, sur deux femmes distinctes, sans donner d'autres détails.

Remis en liberté

Longtemps vénéré dans le monde du cinéma, Weinstein a vu ses abus faire éclater le mouvement #MeToo. Selon plusieurs médias américains, l'accusation d'agression sexuelle émanerait de Lucia Evans, une femme qui a témoigné publiquement dans le passé que Weinstein l'avait forcé en 2004 à lui faire une fellation. Aucun détail n'a filtré sur l'accusation de viol.

Weinstein a toujours démenti avoir eu des rapports sexuels "non consentis". Après son inculpation, il a été remis en liberté moyennant une caution d'un million de dollars, le port d'un bracelet électronique et la remise de son passeport, aux termes d'un arrangement entre ses avocats et le procureur. Un de ses avocats a toutefois révélé que le producteur allait plaider non-coupable.

Depuis la publication des premières accusations contre le producteur par le New York Times et le New Yorker début octobre 2017, Harvey Weinstein a été accusé par une centaine d'actrices --dont Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow et Asia Argento--, des mannequins et d'ex-employées d'abus sexuels allant du harcèlement au viol.

Au fil des révélations du New York Times et du New Yorker, récompensés par le prix Pulitzer pour leurs enquêtes, il est apparu que Weinstein --longtemps vénéré pour avoir promu un cinéma original incarné par des réalisateurs comme Quentin Tarantino-- avait usé de son pouvoir, pendant près de 40 ans, pour obliger de jeunes actrices ou aspirantes actrices à céder à ses fantasmes sexuels, se faisant parfois aider par ses employés et achetant le silence de certaines victimes via des accords de confidentialité.

A l'origine de #MeToo

Il s'est aussi avéré que beaucoup de gens étaient au courant de son comportement, mais avaient préféré se taire, souvent par peur de voir leur carrière ruinée par le producteur multi-oscarisé. Les révélations ont eu l'effet d'une bombe. Des centaines de femmes, sous le hashtag #MeToo, se sont mis à témoigner sur des agressions sexuelles subies souvent des années plus tôt. Le mouvement a fait chuter des dizaines d'hommes de pouvoir dans des secteurs aussi divers que le cinéma, les médias, la mode, la gastronomie ou la musique.

Jeudi, le célèbre acteur Morgan Freeman est venu s'ajouter à la liste des accusés, huit femmes affirmant qu'il les avait harcelées sexuellement. Il a présenté des excuses.

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