Yellen n'exclut pas des taux négatifs

©Bloomberg

Invitée au Congrès américain pour faire le point sur la situation des banques US, la présidente de la Fed a discrètement confirmé que le mois de décembre restait une possibilité bien réelle pour un relèvement des taux. Mais si la situation économique se dégradait, elle ne dit pas non à des taux négatifs.

La moindre sortie de la présidente de la Réserve fédérale est scrutée par les marchés, au cas où un indice se glisserait dans la communication de Janet Yellen quant à la date du prochain relèvement des taux américains.

Ce mercredi, lors de son audition devant la Commission des services financiers de la Chambre des Représentants sur le thème de la réglementation bancaire, la présidente Yellen n'a pas fait de commentaire sur la politique monétaire de la Fed, ou presque.

"La Fed s'attend à ce que l'économie reste sur des niveaux de croissance qui ramèneraient l'inflation vers notre objectif sur le moyen terme."
Janet Yellen
Présidente de la Fed

 

Le dollar a atteint un pic de trois mois face à l'euro, en hausse de plus de 1% sur la séance, après des déclarations de Janet Yellen. L'euro/dollar se négociait à 1,0858 vers 17h10, heure belge, en repli de 1%, après un point bas à 1,0845.

L'indice dollar, qui mesure l'évolution du billet vert face à un panier de grandes devises, avance pour sa part de 0,8% à 97,93 après une pointe à 98,04, au-dessus des 98 pour la première fois depuis le début août. Face au yen, le billet vert a atteint un plus haut de deux mois.

Si la situation économique se dégradait nettement, les taux négatifs et d'autres outils seraient sur la table, a déclaré Janet Yellen. Mais l'influente banquière a précisé l'économie US se portait "bien" et a vaguement souligné qu'une hausse des taux restait "possible" en décembre. Une déclaration suffisante pour que Wall Street appuie sur le frein. A la Bourse de New York, après une ouverture à la hausse, la tendance s'est immédiatement inversée suite aux déclarations de Janet Yellen.

La gestion des banques pointée du doigt

Imperturbable au moment de lire son texte, Janet Yellen a explique que les géants bancaires aux Etats-Unis avaient encore "d'importants" problèmes de respect des régulations et de gestion de leurs activités à risque.

©Bloomberg

La dirigeante américaine a ajouté que les récents "manquements aux règles" dans le secteur bancaire avaient "sapé la confiance" dans les plus grands établissements, américains (JPMorgan, Goldman Sachs...) ou opérant aux Etats-Unis (UBS, Credit Suisse...).

Ces derniers mois, plusieurs géants du secteur ont été au cœur de retentissants scandales internationaux, que ce soit dans la manipulation des taux de changes et du taux interbancaire Libor ou de l'évasion fiscale. Ces manquements "pourraient avoir des implications pour la stabilité financière, étant donné la taille des entreprises, leur complexité et leur interconnexion", a encore détaillé Janet Yellen.

"Notre travail n'est pas fini"

Face à ces risques, elle a rappelé que la Fed avait mis en place un arsenal de régulations, contraignant les banques à se soumettre à des tests de résistance et à établir un "testament" permettant leur liquidation ordonnée.

©AFP

La dernière proposition en date, dévoilée vendredi, conduirait également les grandes banques à émettre de la dette à long terme qui pourrait être convertie en actions en cas de faillite afin d'éviter une intervention des fonds publics. "Notre travail n'est pas fini", a assuré Janet Yellen, ajoutant que de nouvelles régulations devraient voir le jour "dans l'année qui vient".

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés