Il est fondamental pour le manager d'apprendre à bien déléguer

Fourguer sans un mot un dossier à un collaborateur est loin d'être la marche à suivre.

Il y a Jeff Faitout et Deb Rouilletoi. Lui tue dans l'oeuf l'idée même de confier une part de son travail à quelqu'un d'autre. Elle délègue à plein régime au

point de ne plus savoir où en sont ses tâches puisqu'elle ne gère quasi plus rien. Ni l'un ni l'autre ne vont dans la bonne direction. Pour tout manager, savoir déléguer est un atout précieux. Àun certain niveau, cela devient de toute façon indispensable. Mais déléguer, ce n'est pas refiler la patate chaude à un collègue et basta! Il faut assurer un accompagnement et un contrôle.

Pourquoi déléguer

La question ne devrait même pas se poser! «Ce n'est pas une question de choix, c'est un passage obligé. À un moment donné de la croissance de l'entreprise ou à un certain niveau de poste, on n'arrive plus à tout faire», relève Jacques Mondet, professeur et formateur agréé (1).

Toutefois, certains chefs d'entreprise ou certains managers sont réticents face à la délégation. Soit par manque de confiance envers leurs collaborateurs, soit par peur du risque et du changement. «Il y a deux sujets d'inquiétude. Ils peuvent craindre que le travail soit moins bien ait ou au contraire craindre que d'autres fassent mieux qu'eux. Ils savent que de toute façon le travail sera fait autrement et cette idée n'est pas toujours confortable», explique le formateur. «Et puis la réticence à déléguer vient aussi du fait qu'on pense qu'un bon chef doit être débordé!» ajoute-t-il.

Pourtant l'avantage de la délégation est évident: le gain de temps. Justement ce qui manque toujours aux dirigeants! En outre, elle leur permet de se concentrer sur leurs missions fondamentales, celles pour lesquelles ils ont été embauchés et celles dont eux seuls peuvent s'acquitter.

Enfin, il faut bien comprendre que déléguer, ce n'est pas se destituer. La décision revient toujours au manager. La délégation concerne toujours des travaux d'exécution ou de préparation, mais le manager en reste le responsable.

Comment bien déléguer

Il ne faut pas perdre de vue qu'il y a un avant, un pendant et un après la délégation. «Elle doit faire l'objet d'une formation ou disons plutôt d'une préparation. On ne délègue jamais dans l'urgence! Or bien souvent c'est ce que l'on fait... Et ça débouche sur une mauvaise compréhension de la mission à accomplir. Si on prépare la délégation, la personne choisie sera alors habilitée à la mener à bien. Mais il faut prendre le temps d'expliquer», commente Jacques Mondet. Pendant la mission, il faut accompagner le délégataire. Lui laisser le champ libre, mais être disponible pour des renseignements supplémentaires. La mission effectuée, il revient au manager de faire le point sur son déroulement et de vérifier que le «contrat» initial a bien été respecté. Bien déléguer, c'est aussi trouver la bonne personne. «En général, c'est assez facile car ces personnes-là vont faire un pas un avant car elles sont en demande de responsabilités. Elles sont motivées et elles en veulent », pointe le formateur. Avec une bonne connaissance des membres de son équipe, de leurs capacités mais surtout de leur potentiel, il est alors possible de déléguer la bonne tâche à la bonne personne. Et tout le monde s'y retrouve.

Cécile Berthaud

(1) Séminaire le 8 février 2007: «Tout contrôler ou déléguer?». Atelier des FUCaM (Université de Mons). Inscription: www.fucam.ac.be

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés