Ils ont rêvé la carte de mobilité parfaite

Ecolo invente la carte Hypermobil. Sa mise en oeuvre exige de gros efforts de la part des transports publics.

(l'echo) Bouger le plus facilement possible, voilà ce qui intéresse le public, d'après Christos Doulkeridis, député Ecolo. Les transports en commun ne constituent pas une solution au problème de mobilité auquel est confronté le pays, et surtout la capitale. Leurs horaires sont rigides et l'utilisation de différentes sociétés de transports publics appelle souvent autant de modes de payement différents. Mais ils restent incontournables pour le respect de l'environnement. Ils doivent donc être combinés à d'autres moyens, comme le vélo et le taxi. Une équation bien difficile sur laquelle Ecolo et Etopia ont planché. Ils avancent une solution: la carte Hypermobil. Cette carte permettrait d'utiliser les transports en commun des différentes sociétés présentes sur le territoire belge, d'employer certains parkings ou encore d'acheter un vélo.

La carte Hypermobil

L'Hypermobil se chargerait avec les différentes technologies de payement existantes (home banking, phone banking...) et contiendrait dans sa mémoire les différents abonnements du propriétaire. Bref, une carte multimodale assez confortable d'usage et qui, sous cet angle, contenterait toutes les sociétés de transport.

Il y a un public particulièrement visé par cete carte Hypermobil: celui des utilisateurs de voiture de société.

Selon les chiffres récoltés par la sénatrice Isabelle Durant, «il y a 50.000 immatriculations par an dans notre pays, dont 50% pour les voitures de société. Celles-ci bénéficient d'un système fiscal particulièrement avantageux». L'idée, c'est d'offrir une alternative à cette voiture de société. L'entreprise dédierait à la carte Hypermobil l'argent qu'elle débourse habituellement pour le véhicule offert à l'employé. Cela représente entre 400 et 500 euros par mois.

Pass privé et professionnel

La voiture de société ne sert pas que la vie professionnelle de son conducteur. Elle est aussi utilisée par l'employé pour sa vie privée. Il faut donc que l'Hypermobil soit accessible à la famille du détenteur.

Pour que cette carte conserve tous les avantages fiscaux offerts par la voiture de société, sa mise en?uvre demande une sérieuse négociation avec le ministère des Finances. De ce côté, Christos Doulkeridis reste confiant. «Ce type d'«Ecopass» est financièrement intéressant puisque l'argent serait in fine rejeté dans le secteur public!»

Pas facile à réaliser. Mais il ne s'agit là que d'un seul des écueils que rencontre le projet. Les embûches sont en effet nombreuses. Si toutes les sociétés de transport s'accordent sur un système multimodal, aucune ne penche pour une uniformisation tarifaire. Logique: d'après Jean Vandenbroecke, administrateur général adjoint des TEC, un trajet sur De Lijn revient en moyenne à 0,25 EUR. Avec les TEC, ça coûte le double tandis qu'à Bruxelles, un voyage avec la Stib monte à 1 EUR. Donc, l'objectif serait d'avoir une billetique commune, mais avec des tarifications spécifiques.

L'un des opérateurs a déjà pris de l'avance dans le choix d'un standard de gestion des titres de transport: la Stib a opté pour le standard Calypso. Selon Kris Lauwers, directeur général adjoint de la société des transports publics bruxelloise, ce système permettra de diversifier les canaux de ventes et de payements des titres. Il offrira la possibilité de cerner le profil des clients, et donc d'adapter l'offre. La mise en ?uvre de la nouvelle billetique de la Stib démarrera en 2007 et fin 2008, tous les utilisateurs passeront par ce standard.

Mobib pour tous?

La nouvelle carte de la Stib se nommera Mobib. Il s'agirait d'une carte sans contact: l'énergie et les données sont transmises sans aucun contact électrique entre la carte et le terminal. Si Mobib est en principe utilisable par les autres sociétés de transports en commun, certains hésitent à franchir le pas. C'est le cas des TEC, notamment. «La plupart de nos voyageurs qui utilisent une autre société de transport passentpar le train. Or, si la SNCB opte pour un standard différent de la Stib, nous seront coincés. Donc, on attend...», résume Jean Vandenbroecke. Quant à une compatibilité du système des TEC avec celui de De Lijn, il relèverait plus d'une intention louable que d'une nécessité: «0,01% de nos utilisateurs voyagent aussi avec De Lijn», glisse Jean Vandenbroecke. L'échéance pour le renouvellement de la billetique des TEC est fixée à 2010.

Conclusion

Outre les problèmes techniques, les aspects sociaux et psychologiques doivent aussi être pris en compte dans un projet de carte commune. Pour Catherine Maheux, conseillère en matière de transports à la FEB, il faut éduquer la population. «Il faut apprendre aux enfantsà utiliser le train et le bus.» Elle rappelle en outre l'effort à faire en matière d'offre de transports publics : «Il n'y a pas que les déplacements domicile-travail. Il faut tenir compte des loisirs!»

Sophie Leroy

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