Intégrer la dimension humaine en amont du processus décisionnel

Comment la gouvernance des hommes peut alimenter la gouvernance d'entreprise.

(l'echo) Tout est parti d'un livre: «Le malentendu des ressources humaines». Suite à sa parution il y a un an, Serge Hubert a reçu nombre de réactions. Le dernier chapitre faisait particulièrement débat: «Un nouveau mandant pour la GRH?». L'auteur y argumentait la nécessité d'un mandat de gouvernance des hommes dans l'entreprise. Aujourd'hui il passe à l'étape suivante:la concrétisation. Serge Hubert a ainsi mis sur pied il y a deux mois la «commission GH» afin de mettre au point avec des partenaires choisis un code de la gouvernance des hommes.

Un concept en amont de la gestion des ressources humaines, prises au sens fonctionnel du terme. Les RH sont la boîte à outils . Au-dessus il y a le sens de tout cela, la façon de les utiliser et dans quel but. «Il m'a fallu beaucoup de temps pour formuler la question essentielle au centre de ce débat. Pourtant elle est simple: combien de décisions sont prises à propos des hommes dans les entreprises sans que les responsables RH n'aient été consultés? Le cadre spatial par exemple est choisi pour nous, sans consultation RH», explique Serge Hubert, ancien partner chez KPMG Consulting. 60% des directeurs RH ne font d'ailleurs pas partie des conseils d'administration, ce qui est symptomatique. Ils ne sont donc pas associés aux décisions.

D'où cette conviction que la gouvernance des hommes doit être positionnée là où les choses se décident. Pour être en mesure d'alimenter le processus décisionnel et la gouvernance d'entreprise. «De mon point de vue, la nouvelle génération des codes de corporate governance va devoir tenir compte beaucoup plus de l'aspect humain. A l'heure actuelle les seuls éléments touchant à l'humain dans les codes de gouvernance d'entreprise sont la rémunération et la nomination», affirme Serge Hubert. «Mais j'insiste sur l'aspect économique de la gouvernance. Une entreprise est là pour faire de la rentabilité, mais il y a la manière de la gouverner», ajoute-t-il. Une bonne gouvernance des hommes propose des scénarios de gestion des hommes. Elle donne un éclairage sur l'impact des décisions et des pratiques managériales. Enfin, elle veille à ce qu'il y ait une cohérence dans l'entreprise et que cela se voie.

Et elle n'a rien à voir avec la taille de l'entreprise, mais bien avec ses principes. «Elle est importante, qu'on soit 20, 50 ou 2.000. Le patron de PME a un rapport physique avec son personnel, il l'a en main. Sans le savoir, il est déjà le responsable de la gouvernance des hommes», indique Serge Hubert.

Le rôle de la commission GH sera de définir avec précision le mandat de gouvernance des hommes et la mission qu'il recouvre. A terme, l'objectif est la mise au point d'un véritable code GH. La commission compte une quinzaine de membres des mondes académique et patronal, ainsi que deux partenaires «garde-fou», l'un juridique (le cabinet d'avocats Vanden Eynde & Partners), l'autre social (Partena). Son président est son fondateur, Serge Hubert. C'est au printemps qu'elledevrait sortir sa première recommandation. D'ici là elle réunira une assemblée générale fin 2006 pour que «chacun qui a un avis puisse l'exprimer».

Cécile Berthaud

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés