Investir dans l'environnement pour faire des économies

Qu'ont en commun Roche, Passendale, Sadef et Vandecasteele Houtimport? Tous inventent des solutions créatives pour améliorer leur efficacité énergétique. Les économies ne sont pas toutes marquantes, mais ces entreprises améliorent à la fois leurs résultats et leur image environnementale.

Le siège administratif bruxellois de Roche, fabricant et distributeur de médicaments, occupe 150 personnes et a décidé de faire des économies d'eau. "L'eau part à 99% dans les toilettes", explique Georges Van Royen, coordinateur environnemental de Roche. L'entreprise avait déjà réduit sensiblement sa consommation en remédiant aux fuites et en limitant le volume par chasse. Mais la construction d'une nouvelle aile a permis d'aller plus loin. Deux citernes recueillent désormais l'eau de pluie, que des conduites acheminent jusqu'aux toilettes. L'installation est opérationnelle depuis peu. Prudent, Van Royen estime que l'eau de pluie va remplacer la moitié de l'eau de distribution. "à court terme, cela ne suffira pas pour rembourser un investissement de 60.000 euros, admet-il, mais l'eau potable risque de devenir beaucoup plus chère. Quoi qu'il en soit, la protection de l'environnement occupe une place importante dans la culture de l'entreprise, et à Bruxelles, nous sommes fiers de notre label écodynamique."

Le nouveau bâtiment de Roche arbore aussi des fenêtres équipées de vitres électrochromatiques, capables de gérer la quantité de lumière qui les traverse. "Les rayons du soleil sont souvent éblouissants, génèrent des reflets sur les écrans d'ordinateur et font grimper la température intérieure. On active alors la climatisation et on ferme les stores. Résultat: il faut un éclairage artificiel en pleine journée." Ce vitrage intelligent isole efficacement, limitant le recours à la climatisation. Les deux couches de verre entourent un système de lamelles commandé par un dispositif photoélectrique, de telle sorte que la quantité de lumière admise dans les locaux correspond toujours aux besoins.

La lumière se réfléchit au plafond plutôt que sur les écrans ou dans les yeux. Georges Van Royen compte sur ses nouvelles fenêtres, qui ont coûté 125.000 ? en plus, pour faire des économies: grâce à elles, en effet, il maîtrise la température intérieure sans climatisation et la lumière sans éclairage artificiel. D'après les premières réactions, l'ambiance de travail dans les nouveaux locaux serait particulièrement agréable. Le responsable environnemental est encore en train de chiffrer la rentabilité de l'investissement, mais si l'expérience est concluante, l'entreprise pharmaceutique pourrait étendre ce vitrage intelligent à ses autres sites.

A 50 microns près

Installée en Flandre occidentale, la fromagerie

Passendale réduit la quantité d'emballage du fromage en tranches grâce à un film plus mince. Bien que l'épaisseur de l'emballage ne fasse que 50 microns de moins, l'entreprise économise ainsi 20 tonnes de matière et une tonne de déchets, deux postes de frais qui s'en sont trouvés considérablement réduits.

Niek Vandendriessche, responsable environnemental, fait aussi des économies d'eau. "Avec de simples petits disques en plastique que nous plaçons sous le filtre de chaque robinet, le débit d'eau diminue de 40%. Un nouveau système de nettoyage des cuves à fromage a aussi fait reculer la consommation. Mais la principale économie d'eau que nous sommes en train d'instaurer réside dans une toute nouvelle technologie, qui permet d'épaissir le petit lait, très liquide. Nous récupérons ainsi assez d'eau pour couvrir un quart ou un tiers de notre consommation, qui s'élève encore à quelque 120.000 m³. L'amélioration environnementale est un travail de longue haleine. Il faut suivre l'évolution technologique et saisir les bonnes occasions pour réaliser des économies. A défaut, pas de progrès possible!"

Pas de coût et beaucoup de bénéfices

L'entreprise métallurgique Sadef, de Gits, a demandé à ses fournisseurs de livrer désormais les bobines de tôle d'acier avec moins d'emballage, afin de réduire la quantité de déchets et les opérations de déballage. "Nous en avons simplement parlé avec nos fournisseurs. Cela ne nous a coûté que de la persuasion", explique Christophe Blomme, conseiller en prévention et environnement. "Nous avons pu économiser sur les sangles et le papier renforcé au fil de nylon qui entourent les bobines, sans compromettre la sécurité." Résultat: 10.000 ? de frais annuels en moins (heures de travail, déchets, matériaux d'emballage). Par ailleurs, l'entreprise ne jette plus les granulés qui servent à sabler les profilés d'acier, mais les vend comme contrepoids dans les bulldozers. "C'est cela, l'éco-efficience: pas de coût et beaucoup de bénéfices", résume Blomme.

Charte environnementale

Une fois son bois déchargé à Anvers, Vandecasteele Houtimport d'Aalbeke devait le transporter sur un autre quai pour le sortir des conteneurs, le ranger dans un hangar, et de là, l'embarquer dans des camions à destination de ses entrepôts.

Un ensemble d'opérations sans valeur ajoutée et très coûteuses en temps. "Nous perdions facilement deux ou trois jours avant que le bois n'arrive à Aalbeke, se souvient Geneviève Standaert, directrice des exportations. à présent, nos conteneurs passent directement du bateau au train. Le bois ne quitte les conteneurs qu'à Menin, avant de parcourir les derniers kilomètres par la route. Nos stocks sont ainsi approvisionnés plus vite, et nous pouvons livrer avec davantage de souplesse. En termes de coûts, l'opération est neutre. Mais nous gagnons du temps et nous améliorons notre service."

Comme ses collègues de Flandre occidentale, Vandecasteele a souscrit à la Charte environnementale promue par la société de développement régionale flamande (GOM). Cette plate-forme, destinée à favoriser l'éco-efficience dans les PME, est présente dans toutes les provinces flamandes. "Certaines interventions seraient possibles sans la Charte, mais en y participant, vous êtes davantage conscient des possibilités, vous réfléchissez à la façon d'aborder les choses. Notre système d'Anvers était rigide. Avec un peu de créativité, nous avons pu le rendre plus souple et plus rapide."

Willem De Bock

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