La blanchisserie Sint-Joris a réduit ses coûts

La blanchisserie Sint-Joris, une PME de Jeuk dans le Limbourg, n'a pas attendu les législations contraignantes pour lancer un programme environnemental intégré exemplaire. Pour elle, les économies d'eau, de savon et d'énergie sont devenues une seconde nature.

Toute la stratégie commerciale des propriétaires, la famille Van Mechelen, est orientée en ce sens. Stratégie récompensée par la médaille de bronze du Prix belge de l'Environnement 2005-2006.

Les blanchisseries ont un impact considérable sur l'environnement: elles consomment énormément d'eau et rejettent toutes sortes de détergents et produits lessiviels. Par ailleurs, le secteur, gros consommateur de main-d'?uvre, se caractérise par l'étroitesse de ses marges bénéficiaires. En dépit des efforts consentis, il a encore un long chemin à parcourir pour se conformer aux normes d'émission.

La blanchisserie limbourgeoise Sint-Joris de Jeuk, à un jet de pierre de la frontière linguistique, échappe à tous les stéréotypes du secteur. Spécialisée dans les institutions de soins de santé - hôpitaux, maisons de repos, instituts psychiatriques -, elle lave 30 tonnes de linge par jour, pour 112 établissements. Son chiffre d'affaires annuel tourne autour des 7,5 millions d'euros.

Pas vraiment obsédée par les tonnages record, l'entreprise met l'accent sur la personnalisation du service. Elle ne lave pas uniquement le linge plat (draps, serviettes, etc.), mais aussi les effets vestimentaires. Ainsi, elle remet personnellement leur linge à quelque 8.000 pensionnaires de maisons de repos. La facturation se fait en ligne au départ de la blanchisserie.

Investir en profondeur

"Le secret de notre réussite? Investir en profondeur, pas en largeur. Tous les quatre ans, nous renouvelons notre parc de machines, de manière à disposer des équipements les plus récents et les plus économiques, autorisant une informatisation maximale, explique Raf Van Mechelen. Et comme nous disposons toujours de machines récentes, les frais d'entretien et de réparation sont pratiquement nuls."

Ces choix stratégiques se sont traduits par des performances écologiques remarquables. En 2006, la consommation d'eau a chuté sous les 2 mètres cubes par tonne de linge, alors que la norme du secteur est toujours de 15 mètres cubes. De plus, 80% des eaux usées sont récupérées, de sorte que Sint-Joris ne rejette pratiquement rien aux égouts. La blanchisserie qui payait autrefois 125.000 euros par an de taxes environnementales est parvenue à ramener ce montant à 2.200 euros.

La consommation électrique par tonne de linge est passée de 269 kWh en 1998 à 183 kWh aujourd'hui. Et en remplaçant la lessive en poudre par une pâte, l'entreprise a réduit sa consommation de savon d'un tiers, soit à peine 4 grammes par kilo de linge. Quant à la pollution atmosphérique, des chaudières ultramodernes et parfaitement réglées ont permis de la réduire à sa plus simple expression.

Cette politique volontaire rapporte gros. Pratiquement tous les coûts (eau, savon, taxes...) sont réduits de deux tiers par rapport à la moyenne du secteur. Pour la blanchisserie Sint-Joris, la recherche de la durabilité lui vaut un indéniable succès financier. r

Guy Van den Broek

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