Le secteur de la distribution belge dans tous ses états: examen approfondi

Succès du hard-discount. Développement de la proximité. Deux tendances qui marquent la distribution.

(l'echo) Clap 18e! La dernière étude sectorielle du bureau anversois Marketing Map vient de sortir de presse et dissèque une nouvelle fois le paysage de la distribution belge à la loupe. Chris Opdebeeck, auteur de l'étude et observateur infatigable du retail «made in Belgium», nous livre les principales conclusions de son étude et surtout les tendances qui ont animé le secteur au cours de l'année 2005.

Les tops et les flops

A tout seigneur, tout honneur. C'est une fois encore Colruyt qui tient le haut de l'affiche cette année. «Un portefeuille d'ouvertures bien garni et un rendement au mètre carré en croissance ont caractérisé l'activité du groupe en 2005», note Opdebeeck. Et pour ne rien gâcher: un petit cocorico national, car le distributeur hallois affiche un ratio résultat d'exploitation sur chiffre d'affaires de 7,2%, soit le plus élevé au monde! En tout cas sur la base des dernières données chiffrées publiées par le distributeur qui annoncera ses résultats lundi soir, après la clôture des marchés.

Par contre, le distributeur au lion n'a pas connu sa meilleure cuvée en 2005, Delhaize pâtissant de la fermeture de son supermarché de Mutsaard pendant près d'un an et de l'assainissement de son parc AD qui s'est traduit par la rupture du contrat avec quatre magasins affiliés.

Quant à Carrefour, oserait-on une nouvelle fois rappeler que le distributeur reste à la traîne avec un ratio rendement sur chiffre d'affaires d'à peine 0,5%? Malgré les efforts déjà consentis, l'amélioration de la situation de Carrefour dans notre pays reste lente. Difficile d'imaginer que la direction française du groupe ne donne des objectifs de croissance plus ambitieux au nouveau directeur général de Carrefour Belgium. Mais pour l'expansion externe, la foire aux bonnes affaires est clôturée et les principaux distributeurs du pays ont déjà fait leur marché (Cash Fresh, Spar, Alvo...) en Belgique. Ce sera donc du côté commercial et de la croissance interne que devra venir l'amélioration des performances de la filiale du géant français.

La proximité

S'il est une lame de fond qui submerge presque toutes les enseignes du pays, c'est le commerce de proximité: GB Contact, Express, Proxy, Okay... A chacun sa formule et son nom, mais avec un objectif commun: se rapprocher du consommateur.

Et dans la foulée concurrencer les hard-discounters qu'on peut facilement assimiler à des magasins de proximité, par leur taille réduite et leurs implantations dans les noyaux urbains.

La loi-Ikea - que certains dans le milieu rebaptisent déjà la loi discount- a facilité l'ouverture de nouveaux Aldi et Lidl qui n'ont pas attendu cette aubaine législative pour pousser comme des champignons!

Sur les cinq dernières années, les deux hard-discounters trustent le top du classement du nombre d'ouvertures avec 95 pour l'enseigne rouge et jaune et 55 pour son concurrent.

La cannibalisation

Malgré le rythme effréné d'ouvertures , Chris Opdebeeck ne constate encore aucune cannibalisation entre les points de vente d'une même enseigne. Tout au plus peut-être une petite stagnation du rendement au m² chez Aldi (9.536 en 2005 contre 9.547 en 2004)...

Par contre, chez Colruyt, la croissance est toujours au rendez-vous avec un rendement de 13.545 euros en 2005 contre 13.363 en 2004.

Le succès de Collishop, ce catalogue de vente par correspondance pour tout ce qui est volumineux et non-alimentaire chez Colruyt, n'est certainement pas étranger à cette performance.

Anne-Sophie Bailly

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