Les bières et fromages de Chimay cherchent des énergies vertes

A Chimay, la fabrication de bière et de fromage, qui dépendent directement de l'Abbaye de Scourmont, sont des activités emblématiques. Pas étonnant donc que les deux sociétés qui chapeautent ces activités, Bière de Chimay et Fromages de Chimay, se soient lancées dans des projets environnementaux.

"Ca répond aux valeurs de la maison", commente Bernard Bleus, directeur des deux entités.

Dans un premier temps, les activités présentes sur le site de Baileux (embouteillage de bières et fromages) ont imaginé ériger leur propre éolienne. Mais le projet leur a été refusé par la Région. Ils se sont alors tournés vers l'opérateur Greenwind qui a, de son côté, reçu une autorisation pour un parc de 4 hélices - 2 moulins supplémentaires sont toujours en discussion - dans le périmètre du zoning de Baileux. "Nous n'investissons pas financièrement dans le projet, poursuit Bleus. Nous avons réalisé l'étude de vents, cédé un de nos terrains pour placer une cabine à haute tension et accompagné Greenwind au niveau local et régional."

Une fois le parc opérationnel, soit en principe à l'automne 2007, Bières et Fromages de Chimay seront fournies en électricité verte. "ça ne pourra pas couvrir l'ensemble de nos besoins en énergie", concède Daniel Henriet, responsable technique et énergie.

Les activités de fabrication de bière et de fromage sont toutes deux énergivores. Pour couvrir une partie des besoins, l'abbaye a aussi imaginé mettre en place une unité de cogénération. Mais elle n'est pas sûre de pouvoir rentabiliser sa production d'eau chaude.

Autre projet original dans les cartons: la mise en place d'une unité de biométhanisation à partir des résidus laitiers liés à la fabrication du fromage. "On peut travailler à partir du lactosérum, un sousproduit de la fabrication du fromage composé de résidus du processus de transformation et d'eau de lavage du caillé", explique Daniel Henriet.

En moyenne, la fromagerie transforme 7 millions de litres de lait pour fabriquer 800 tonnes de fromages. En fin de circuit, elle récolte 8,5 millions de litres de lactosérum. Ce qui, par la transformation en biogaz, pourrait permettre de fournir 165.000 litres de gasoil par an. Mais pour l'instant, le projet reste en attente. Depuis l'année dernière, le marché du lactosérum est enfin devenu rentable.

Il est donc revendu sur le marché international.

En attendant, les deux sociétés tentent de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. "L'objectif est une réduction de 13% d'ici 2012 au niveau de la brasserie et de 28,6% pour la fromagerie", note Henriet. Mais au niveau de la brasserie, grâce à des mesures d'isolation ou des aménagements techniques, la réduction atteint déjà 15%. "Au niveau de la fromagerie, poursuit-il, les besoins en chaleur ont déjà pu être réduits de 50% grâce à une meilleure isolation."

Jean-Michel Lalieu

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