Publicité

Les constructeurs fustigent la mesure CO2 européenne

En 2012, les voitures neuves devront émettre beaucoup moins de CO2, selon la stratégie proposée mercredi par la Commission européenne pour impliquer les constructeurs contre le réchauffement climatique. Face à la nouvelle mesure, les constructeurs tirent la langue et craignent une perte de compétitivité.

(lecho) L'industrie automobile européenne tire la langue. Après que la Commission européenne a retenu la norme la plus sévère en matière d'émission de CO2 des voitures neuves, les constructeurs de grosses berlines parlent d'un «déséquilibre» dommageable à la compétitivité et à l'emploi dans le secteur.

Un argument que rejette l'exécutif européen qui réaffirme que «la lutte contre la pollution allait dans son esprit de pair avec la compétitivité du secteur».

D'ici 2012, les voitures neuves vendues en Europe ne pourront pas dépasser l'émission de 120 grammes de CO2 par kilomètre, contre environ 160 actuellement. Afin d'en atténuer l'impact sur le secteur, les constructeurs devront réduire les émissions directement liées au moteur à 130 grammes. Dix autres grammes seront gagnés par une amélioration des pneumatiques, une climatisation plus économe, la mise en place d'indicateurs de changement de vitesse - pour éviter les sur-régimes -, et un recours aux biocarburants. «Nous devons démontrer que l'UE peut combiner trois objectifs: protéger ses emplois, atteindre un haut niveau environnemental et favoriser l'innovation», a expliqué le commissaire à l'Industrie Günter Verheugen. Rien d'étonnant que le secteur fasse aujourd'hui grise mine et fustige le fait d'être une nouvelle fois pris pour cible. En 2005, la moyenne des émissions - plus importantes pour une berline, une voiture de sport ou un 4X4 que pour une petite cylindrée - se situait encore à 162 g/km.

Et malgré l'engagement des constructeurs, en 1995, à ramener les émissions à 140 g/km d'ici 2008 afin d'éviter une législation contraignante, une étude montre que seules cinq des 20 principales marques (Fiat, Citroën, Renault, Ford et Peugeot) commercialisées en Europe atteindront cet objectif. En cause, des voitures de plus en plus «sûres» mais en contrepartie plus lourdes et plus polluantes.

Ce nouveau tour de vis aux normes de pollution automobile devrait entraîner 3.600 euros de coûts supplémentaires par véhicule produit, souligne une étude commandée par la Commission.

Des frais qui forcément seront impactés sur le prix de vente. «Techniquement, les constructeurs n'auront pas trop de problèmes pour atteindre cet objectif.

Mais d'un point de vue commercial, il risque d'y avoir un effet sur les ventes de véhicules neufs. Si on peut espérer que des nouveaux matériaux permettront encore demain de rendre les voitures abordables, je ne vois pas comment éviter un impact sur le prix de vente des voitures», explique Jean-Marc Ponteville, porte-parole de Volkswagen pour la Belgique.

Et de regretter que cette mesure se focalise uniquement sur l'aspect technique: «Il existe d'autres mesures. Je pense à l'infrastructure et à la mobilité. La pose d'un casse-vitesse engendre par exemple une consommation supplémentaire de 45%.» L'Association des constructeurs européens d'automobiles parle elle d'objectifs arbitraires: «Faire porter le fardeau essentiellement par l'industrie automobile est la méthode la plus chère et la moins efficace du point de vue des coûts.»

D'où selon elle une perte de compétitivité: «Les groupes européens ont une part de 85% du marché européen. Si nous ne faisons pas d'argent sur notre marché intérieur, nous ne sommes pas compétitifs.»

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés