Les patrons n'aiment pas les candidats du VDAB

Les offices d'emploi régionaux souffrent d'une mauvaise image auprès des employeurs. La fédération patronale flamande Voka a mené l'enquête auprès de ses membres sur l'efficacité de l'office régional de l'emploi flamand VDAB.

(l'écho) L'évaluation du patronat flamand (Voka) sur l'office régional de l'emploi flamand est relativement bonne. Mais il reste un problème récurrent: la fiabilité des candidats. D'autres points importants ressortent de cette enquête.

Les grandes entreprises font davantage appel au VDAB que les PME

Un tiers des entreprises flamandes ne publient pas leur offre d'emploi au VDAB (office de l'emploi flamand). Le service public arrive en troisième position des canaux pour placer une offre d'emploi. Les bureaux d'intérim (76,5%) et le réseau propre (73%) sont loin devant. Le choix du VDAB comme premier canal pour placer une offre d'emploi diminue avec la taille de l'entreprise. Près de 46% des PME ne passent pas par l'office de l'emploi flamand pour recruter leur candidat. Or ce service est gratuit. Tandis que les grandes entreprises utilisent plus le canal du VDAB (84,4%), alors qu'elles disposent bien souvent d'un service de ressources humaines.

Qualité des informations fournies par le VDAB

Le service d'emploi flamand est principalement reconnu pour la qualité des informations qu'il transmet. Les employeurs qui utilisent le VDAB sont plus que satisfaits (90%). Ce beau résultat doit néanmoins être nuancé par la proportion d'employeurs (34,5%) qui se renseignent auprès du VDAB.

Des candidats inadéquats

Près de 65% des employeurs se trouvent face à un candidat qui convient rarement ou jamais. Et l'insatisfaction grandit avec la taille de l'entreprise (70%). «Le manque d'adéquation n'est pas à imputer au VDAB. La mission du service public est de soutenir dans sa recherche d'emploi un public difficile», rappelle Philippe Muyters administrateur délégué du Voka. Les entreprises estiment d'ailleurs que le VDAB n'est pas un bon canal pour recruter des candidats de niveau de l'enseignement supérieur (77%).

Résultats mitigés pour le VDAB et l'Orbem

Ce problème est exacerbé à Bruxelles, où 60% des chômeurs n'ont pas un diplôme de secondaire supérieur. «Le décalage entre le niveaux des candidats à l'Orbem et les attentes du patronat est effrayant», dénonce de son côté Frans De Keyser, de l'Union des entreprises bruxelloises (UEB). «Mais à Bruxelles il s'agit d'abord de socialiser le candidat avant même de regarder ses compétences» poursuit-il.

Le Voka pointe le même problème. Un candidat en provenance du VDAB ne convient pas, non pas par son manque de compétence, mais par son attitude récalcitrante. «Cela entraîne une méfiance généralisée à tous les candidats en provenance du VDAB», déplore Philippe Muyters. Seules 35% des personnes présentées par le VDAB aux entreprises sont adaptées à la demande (toujours ou le plus souvent).

Philippe Muyters, administrateur délégué du Voka, y voit un problème de niveau d'enseignement et de volonté des candidats. Cette remarque n'est pas anodine d'autant que la problématique se retrouve aussi à Bruxelles et en Wallonie. Les résultats du VDAB peuvent être comparés à ceux des deux autres offices régionaux de l'emploi.

Solutions avancées

A Bruxelles, la situation était dramatique il y a quelques années. Sur la base d'un contrat de gestion, l'Orbem tente de redresser la barre. L'Orbem à Bruxelles souffre aussi d'une charge trop importante de travail administratif. «Le côté administratif prend trop de temps par rapport au placement», déplore Frans De Keyser. «Pour donner des résultats, l'Orbem devrait repenser son fonctionnement sur la base d'un matching entre l'offre et la demande», poursuit-il. En Wallonie, les patrons se montrent contents de l'évolution du Forem. «Le Forem est excellent sur l'axe de la formation. Pour le placement, il joue plus un rôle de coordination», précise Thierry Devillez, directeur emploi et formation à l'Union wallonne des entreprises (UWE). Le patronat attend beaucoup du contrôle de l'efficacité du Forem qui se met en place. Stéphanie Dechamps

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