Maîtriser son ancre, puis voguer toutes voiles dehors

"Je laisse passer les vacances et à la rentrée je reprends ma carrière en main." La réflexion en a effleuré plus d'un cadre depuis le début de l'été. Et pourquoi pas puisque la rentrée est une période propice, notamment parce que les formations reprennent.

(l'écho) Mais changer d'entreprise, se réorienter ou viser un poste supérieur demande un sérieux travail de réflexion si on veut intégrer cette évolution dans un véritable plan de carrière.

L'un des éléments clés de cette introspection sont les fameuses "ancres de carrière", un concept mis au point par Edgar Schein, de la MIT Sloan School of Management (USA). D'après lui, la compréhension des choix de carrière des individus repose sur la connaissance de leur "ancre". Ce que la personne considère comme primordial et non négociable dans sa carrière. Ce qui détermine nos choix de carrière, c'est le motif primaire, la valeur essentielle à nos yeux, et qui gouverne, plus ou moins consciemment, notre parcours professionnel. Ces ancres intègrent trois sortes de perception de soi: les talents et les capacités, les motifs et les besoins ainsi que les attitudes et les valeurs. Schein a distingué huit ancres de carrière.

Autonomie/indépendance

On privilégie les situations professionnelles avec marge de man?uvre maximale, pour se consacrer librement à ses objectifs.

Créativité par l'esprit d'entreprise

On a pour motivation le désir de créer et de perfectionner de nouveaux produits et services.

Compétences en gestion générales

On désire avoir l'occasion de se perfectionner. De mettre en application ses aptitudes interpersonnelles et ses capacités de résolution de problèmes, en vue de gravir les échelons de la direction.

Sécurité/stabilité

On attache une grande importance à la stabilité et à la sécurité à long terme, sur le plan de l'emploi et des avantages sociaux.

Mode de vie

On souhaite intégrer les besoins et les attentes du côté personnel, familial et professionnel, en vue de préserver la souplesse.

Défi pur

On est motivé par le désir de surmonter les difficultés, de régler des problèmes délicats et de supplanter les concurrents.

Dévouement à l'égard d'une cause

On désire mettre à profit ses aptitudes interpersonnelles et ses capacités d'appui pour aider les autres.

Compétences techniques et fonctionnelles

On a pour motivation intrinsèque le travail lui-même dans ses caractéristiques techniques. Et on attache une grande importance à l'amélioration des compétences techniques et du crédit professionnel. On constate donc que les points d'ancrage concernent les éléments intrinsèques de la carrière.

Il est donc essentiel de s'y référer pour faire un bon choix, qui corresponde à sa personnalité. Pas un choix dicté par des éléments extrinsèques tels que le salaire ou le statut social.

Chaque personne aurait une ancre dominante. Une idée que d'aucuns remettent en cause, considérant qu'un même individu peut avoir plusieurs ancres prépondérantes. Quoi qu'il en soit, "l'ancre de carrière permet d'identifier une zone de stabilité dans l'identité de la personne". Connaître son (ou ses) ancre(s) permettra de mieux se comprendre et d'évaluer les occasions de réussite. C'est surtout à l'amorce d'un tournant dans la carrière que cette connaissance sera d'une aide précieuse. Elle sera un argument de poids dans la décision et permettra de poser des choix cohérents.

Notre ancre étant souvent cachée, sous-jacente ou subconsciente, le but est de la découvrir. Pour ce faire, il y a trois façons de procéder: par questionnaire, par interview ou encore par autoévaluation. Et quelle meilleure saison que l'été pour lever l'ancre?

Cécile Berthaud

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