Préparer son avenir en se faisant de la thune pendant les vacances

La récente loi clarifiant le statut du travail des étudiants aussi bien accueillie par les patrons que par les jeunes.

(l'écho) La loi qui s'applique aux étudiants jobistes est entrée en vigueur en octobre 2005. Désormais, ce sont 23 jours de travail durant l'année scolaire et 23 autres jours durant les mois de juillet, août et septembre qui peuvent être prestés. Un jour supplémentaire et s'impose alors l'obligation de s'acquitter d'une cotisation ONSS dans le chef tant de l'employeur que du jeune qu'il occupe.

Craint lors de sa parution au "Moniteur ", le système est aujourd'hui bien perçu par les employeurs et les jeunes. Les PME s'y intéressent de plus en plus et se réjouissent de ce cadre législatif plus sain même s'il y a toujours, en amont, un travail administratif à effectuer.

L'agence d'intérim en appui

Hugues, 18 ans, vient d'achever sa rhéto. En mars dernier, avant même le verdict des délibérations, il décrochait, pour cet été, un travail de garçon de café à Bruxelles. "Question, explique-t-il, de se faire de la thune", de pouvoir participer aux coûts de la vie estudiantine qu'il entame en septembre prochain. Hugues s'est adressé à une société d'intérim pour l'aider dans sa quête d'emploi. Après l'avoir testé et orienté, c'est elle qui a organisé son contrat de travail.

Julie, 17 ans, a aussi fait appel à une société d'intérim pour trouver un job de vacances. Le mois d'août, elle le passera dans une librairie-papeterie dirigée par un franchisé. L'étudiante aura à réassortir les rayons et à conseiller les clients.

L'embauche directe

Mais certaines sociétés préfèrent interviewer elles-mêmes les candidats jobistes et leur faire signer le contrat en direct. C'est le cas du complexe cinématographique de Jambes (Namur), Acinapolis qui occupe 25 personnes toute l'année et embauche 3 ou 4 étudiants l'été. Depuis son ouverture, en mars 2002, les candidatures spontanées de jeunes affluent. Responsable de douze salles de cinéma, Sophie Vanschel explique: "Le métier est saisonnier et fonctionne selon l'horaire des séances. Nous avons donc besoin d'une grande flexibilité de la part des collaborateurs que nous choisissons. C'est aussi un milieu attractif pour les jeunes qui sont essentiellement affectés au travail de caisse et de vente de pop-corn, etc." Parfois cela débouche sur un contrat à durée indéterminée. L'une des premières jobistes d'Acinapolis a ainsi été engagée il y a six mois.

Chez Cataldo, un magasin spécialisé en brico-déco, on préfère aussi la sélection personnalisée. Employant 32 personnes, le commerce liégeois a engagé pour cet été une dizaine d'étudiants: six pour le mois de juillet et quatre pour le mois d'août. "Ce sont nos meilleurs mois de vente", explique Daniel Cataldo qui doit, pendant cette période, composer avec les vacances de ses collaborateurs.

Certains de ses jobistes reviennent même travailler dans le courant de l'année scolaire grâce à la nouvelle loi. "C'est une bonne chose", souligne le patron de PME. D'après lui, "cette loi clarifie le statut de l'étudiant et ne permet pas au temporaire de prendre le travail d'un salarié." Et ici aussi, quelques-uns des anciens étudiants font aujourd'hui partie de l'effectif stable de l'entreprise.

Le réseau d'étudiants

Puis, il y a le bouche-à-oreilles, les réseaux qui se forment. A Spa, le glacier Le Cygne Blanc doit compter sur un renfort spécial durant les mois d'été, les week-ends et jours fériés. Il s'est ainsi progressivement forgé un "réseau" d'étudiants qui d'année en année viennent lui prêter main forte et se trouvent des successeurs. De novembre à fin mars, le glacier spadois travaille seul, aidé d'une employée à mi-temps. Le reste du temps, les étudiants se suivent et sont parfois plus nombreux que le personnel fixe...

Patricia del Marmol

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