Quelle différence entre sponsoring et mécénat ?

Il n'y a pas de définition juridique directe du mécénat et du sponsoring. Les deux pratiques sont pourtant souvent confondues alors que leurs objectifs sont différents.

(l'écho) C'est ce que déclarait Maurice Lippens, président du bancassureur belgo-néerlandais et de la Fortis Foundation, lors de la 4ème édition du colloque annuel sur le mécenat d'entreprise organisé par la Fortis Foundation.

Actuellement il n'existe toujours pas de cadre législatif spécifique pour le mécénat. Or très souvent mécénat ou sponsoring prêtent à confusion, alors qu'ils sont différents à plus d'un plan.

Objectifs différents

Les objectifs du sponsoring sont purement commerciaux : visibilité, relations publiques, etc. Le mécénat relève davantage de la responsabilité sociale des entreprises. Il s'agit - en principe - d'un acte désintéressé tel que le soutien à des asbl de réinsertion sociale ou d'aide aux enfants défavorisés, à des projets environnementaux, aux beaux-arts, etc. Il peut y avoir un return, notamment en terme d'image, mais celui-ci est plus diffus, et moins immédiat.

Les deux matières se différencient aussi sur le plan fiscal

Le sponsoring est considéré par le fisc comme des frais professionnels, intégralement déductibles.

Le mécénat s'apparente quant à lui à des libéralités, certes déductibles, mais uniquement au profit de certains organismes agréés par la loi et avec des limites: elles ne peuvent pas dépasser 5% du bénéfice net de l'entreprise mécène, avec un maximum de 500.000 euros.

Plaidoyer pour un cadre législatif

Maurice Lippens lance un appel aux autorités politique: nous avons besoin d'un cadre législatif spécifique pour le mécénat.

Le cadre actuel est beaucoup trop contraignant. il faudrait notamment, un assouplissement de son régime fiscal.

Plusieurs pays comme la France, l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Italie et l'Espagne se sont dotés de législations spécifiques sur ces matières. En France, la loi de 2003 a permis de tripler les montants alloués par les entreprises au mécénat, lesquels ont atteint le milliard d'euros en 2006.

En Belgique, trois propositions de loi ont été déposées au Sénat. L'un des projets propose de porter le plafond des libéralités déductibles de 500.000 à 650.000 euros et suggère une nouvelle catégorie de bénéficiaires: les artistes individuels et non plus seulement les institutions.

J.-F. S.

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