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Si une banque investit dans les jeunes, c'est pour le long terme

Alors que de nombreuses banques belges multiplient les offres pour séduire les jeunes, nous nous sommes posé la question de savoir ce qui les pousse réellement à choisir une banque plutôt qu'une autre...

(l'écho) Il faut savoir qu'environ un jeune sur quatre souscrit à un compte dans une banque pour la simple raison que ses parents y sont déjà clients. "Mes parents étaient chez Fortis et m'ont ouvert un compte là-bas. Moi, je ne me suis jamais posé la question", explique ainsi Nathalie, 17 ans. Chez Fortis, on estime à 70% le nombre de comptes ouverts via une amorce parentale. "Les parents ouvrent un compte épargne pour leur enfant puis, quand il grandit , le jeune choisit logiquement la même banque", expose Xavier Deswaef, porte-parole du bancassureur belgo-néerlandais.

Le choix est parfois plus aléatoire? "Je devais avoir un compte pour mon premier petit boulot, je suis sorti de chez moi et je suis entré dans la première banque en vue", raconte Richard, 21 ans. Sabrina, 16 ans, elle, hésitait: ses copines l'ont aidée à faire son choix: "Elles étaient toutes chez Dexia et elles étaient contentes." Bizarrement, ils sont donc très peu de jeunes à être "victimes" du marketing fait par les banques. Pourtant, les offres ne manquent pas?

Chez Dexia, il est possible de gagner facilement des places de concert ou des DVD. Chez ING, dès 12 ans, on peut apprendre à devenir star; on y aide aussi l'adolescent à passer le cap des 18 ans via différents services. Chez Fortis, le site Mine.be regorge de bons plans et d'avantages. Chez KBC, dès le plus jeune âge, on peut gérer son argent virtuel sur kidcity, un jeu interactif en ligne.

On pourrait croire que les services exclusifs proposés par chacune de nos banques poussent le jeune à changer, or ce n'est pas le cas! Le Belge, et donc le jeune qui nous intéresse, est fidèle à sa banque et les offres du marché n'y font rien, ou pas grand-chose. "De plus la gratuité du compte dont il dispose n'incite pas au départ", précise Xavier Deswaef.

Comment expliquer alors tous ces investissements qui n'ont que peu d'influence sur le choix d'une banque ? Surtout qu'on ne peut pas dire que le jeune soit fort rentable pour un banquier puisqu'il ne rapporte pas grand-chose...

Il y a bien une raison. Là où le jeune devient intéressant, c'est quand il se lance dans la vie active. "Il travaille. il achète une voiture, il loue un appartement et négocie donc un prêt. Il lui faut aussi une assurance?", explique Ilse de Meyer, porte-parole d'ING. "Nous accordons tous nos efforts pour l'agripper durant cette période."

Toute banque belge joue donc des pieds et des mains pour attirer le jeune investisseur. "Nous avançons, par exemple, la garantie locative sans que le client ne doive rembourser un quelconque crédit", annonce-t-on chez Fortis, en confirmant le succès que rencontre l' offre.

Rien de tel pour une banque que de prendre ses précautions. Le premier compte ouvert durant l'adolescence et les avantages qu'il suppose servent, en fait, à nouer un rapport privilégié avec le jeune dans le cadre d'une collaboration future. Il faut le fidéliser. S'il s'est senti bien accueilli et qu'il a trouvé son bonheur, il y a de grandes chances pour que le jeune reste attaché à sa banque. Il faudra alors un grand bouleversement pour qu'il décide d'aller voir ailleurs. La banque qui réussit à conserver son jeune client quand il passe sur le marché du travail récolte les fruits de ses investissements. On appelle ça du travail à long terme.

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