La Wallonie loupe le contrat du siècle avec Zalando

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Le géant allemand de l’e-commerce a préféré les Pays-Bas à la Wallonie pour y implanter un centre logistique. Il avance un climat social trop défavorable.

La semaine s’annonce cruciale pour le dossier "Angela". Derrière ce nom de code, utilisé par les négociateurs wallons, se cache une entreprise: Zalando. Depuis plus de 2 ans, des émissaires wallons de l’Awex et de l’intercommunale Idea négocient dans le plus grand secret avec le géant allemand de l’e-commerce Zalando l’implantation d’un tout nouveau centre de distribution en Wallonie.

"Le site wallon est idéalement situé pour desservir la France et la Belgique."
Proche du dossier

Les enjeux hors normes en ont fait un dossier prioritaire! En pleine croissance, le groupe allemand de vente de vêtements en ligne cherche à s’étendre à l’étranger et doit construire un nouveau centre de logistique pour desservir la Belgique et surtout le marché français. "On parle de la création de 1.500 emplois directs. C’est un dossier prioritaire pour la Wallonie", confirme une source proche des discussions.

Dans la course pour décrocher le contrat du siècle, deux pays font le coude à coude: la Belgique et les Pays-Bas. En Wallonie, les responsables de Zalando ont jeté leur dévolu sur un terrain situé dans le zoning de Dour-Elouges à quelques encablures de la frontière française. "Le site wallon est idéalement situé pour desservir la France et la Belgique", argumente un proche du dossier.

Permis accordé à Dour

La durée des discussions entre les responsables de Zalando et les différents émissaires wallons s’explique par les nombreuses analyses demandées par les Allemands. "Les questions des Allemands portent forcément sur l’attractivité de la Belgique par rapport aux Pays-Bas au niveau du coût du travail et sur le travail de nuit", précise-t-on côté wallon.

Le projet prévoit un ensemble immobilier réparti sur quatre niveaux, des bureaux et de nombreux parkings.
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Sur le terrain, les choses ont malgré tout démarré rapidement. Afin de ne pas perdre trop de temps une fois la localisation du site déterminée, Zalando a pratiquement bouclé tout le volet urbanistique. Une enquête publique pour la construction d’un centre logistique pour textiles et accessoires en vue d’être emballés et distribués est lancée à Dour dans le courant de l’été 2016. Dans la foulée de l’enquête publique, le groupe immobilier Goodman Belgium, chargé de développer le projet pour Zalando, a obtenu le permis unique le 7 octobre 2016. D’après les plans rentrés à l’administration de Dour, le projet prévoit un ensemble immobilier réparti sur quatre niveaux, des bureaux et de nombreux parkings.

Le climat social plombe le dossier

Arrive le coup de massue! Après de nombreux reports, la décision des Allemands tombe finalement la semaine dernière. Ce sont les Pays-Bas qui remportent le morceau. "C’est plié pour nous. La Belgique est écartée. Zalando nous a dit qu’ils allaient aux Pays-Bas", raconte un proche du dossier fin de la semaine dernière.

D’après nos informations, les Allemands ont avancé trois arguments pour justifier la décision d’implanter leur centre logistique aux Pays-Bas: le coût horaire du travail plus favorable aux Pays-Bas, la législation sur le travail de nuit trop contraignante en Belgique et surtout le climat social tendu en Wallonie.

Dans les rangs des négociateurs wallons, c’est la consternation. "Nos arguments étaient pourtant excellents", affirme une source. Un autre assure que depuis le tax shift, la main-d’œuvre est moins chère en Belgique.

Une ultime réunion au 16?

"Il faut régler le problème du travail de nuit en Belgique."
Un négociateur wallon

Écartés des discussions par les responsables de Zalando depuis le début des négociations, les politiques tentent maintenant une réunion de la dernière chance cette semaine. "Une rencontre avec le Premier ministre Charles Michel a été proposée aux Allemands pour ce vendredi. Mais ils refusent de venir. Sans cette réunion, cela va être difficile de les faire revenir sur leur choix, regrette un négociateur wallon qui met en avant le problème du travail de nuit en Belgique. C’est vrai qu’il faut régler le problème du travail de nuit en Belgique. Il faut faire preuve de plus de souplesse."

Contacté lundi en fin de journée, le cabinet du Premier ministre n’était cependant pas au courant d’une éventuelle réunion vendredi. L’entourage du Premier ministre assure par contre que d’importants efforts ont été accomplis ces derniers mois "pour rendre plus flexible le travail de nuit et l’e-commerce en Belgique."

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