AB InBev "sécurise" la rémunération variable de ses administrateurs

La réforme de la politique de rémunération du conseil d'AB InBev sera soumise à l'approbation de l'assemblée générale du 24 avril prochain. ©BELGA

Le premier brasseur mondial va proposer à ses actionnaires d’approuver l’augmentation du salaire fixe de son président et le remplacement des options sur actions par des "restricted stock units". La réforme permettra à AB InBev de mieux se conformer au Code belge de gouvernance. La rémunération variable de ses administrateurs ne sera dès lors plus dépendante des variations du cours de l’action en Bourse.

Le groupe AB InBev va modifier la politique de rémunération qu’il applique à ses administrateurs. Le brasseur va augmenter la partie fixe du président du conseil et attribuer des "restricted stock units" (unités d’actions assujetties à des restrictions) à tous ses administrateurs en lieu et place des options sur actions. Ce faisant, il se conformera plus qu’avant au Code belge de gouvernance d’entreprise... tout en "sécurisant", dans un environnement boursier instable, la rémunération variable de ses administrateurs.

La mesure concernant le seul président du conseil est limpide: AB InBev va proposer à ses actionnaires réunis en assemblée générale (AG) le 24 avril prochain d’augmenter sa rémunération fixe de 36% pour la porter à 255.000 euros par an, ainsi qu’on peut le lire dans la convocation à cette AG publiée vendredi. Pourquoi? La réponse figure dans le rapport annuel du groupe: son comité de rémunération a mandaté une société de consultance pour comparer les rémunérations des conseils de "24 entreprises internationales similaires". On devine que l’étude a conclu que le président du brasseur méritait davantage. Tant mieux pour Martin J. Barrington qui, si l’AG accepte qu’il ne soit pas indépendant au sens de la loi belge, succédera à Olivier Goudet à la présidence du groupe dès le 24 avril. Le fixe des autres administrateurs ne change pas: chacun continuera de percevoir à ce titre 75.000 euros, sauf celui qui présidera le comité d’audit qui recevra 127.500 euros.

Au-delà de dix réunions par an, AB InBev leur distribuait des jetons de présence par séance. Ce système sera supprimé. A la place, ils recevront une "provision fixe", qui s’élèvera de 7.000 à 28.000 euros selon les types de réunions et leurs titres (comités, présidents ou membres).

Dans les clous du nouveau Code

Plus fondamental, le groupe va cesser de leur distribuer des options sur actions comme rémunération variable. Il compte leur octroyer des "restricted stock units" (RSU), dont la valeur aura été préalablement fixée. Dans la convocation à l’assemblée, AB InBev précise que les unités destinées au président du conseil auront une valeur brute fixe de 550.000 euros. Celle-ci sera de 350.000 euros pour le président du comité d’audit et de 200.000 euros pour les autres administrateurs. Par an, s’entend. Le nombre d’unités que recevra chaque année chacun sera établi en fonction du cours de Bourse de l’action AB InBev la veille de l’AG de chaque exercice, de sorte que chaque administrateur sera sûr de toucher, sous forme d’actions, le montant prévu. Ces actions ne pourront être acquises qu’après une période de cinq ans.

"Le passage aux restricted stock units suit également la recommandation du projet de nouveau Code belge de gouvernance d’entreprise visant à favoriser la rémunération en actions des membres de conseils."
Ingvild van Lysebetten
porte-parole, AB InBev

Pourquoi cette modification? "Un exercice de benchmarking réalisé à la demande du comité de rémunération a montré que les sociétés utilisent plus souvent des actions ou des restricted stock units pour rémunérer leurs administrateurs que des options d’achat d’actions, nous répond la porte-parole Ingvild van Lysebetten. Le passage aux RSU suit également la recommandation du projet de nouveau Code belge de gouvernance d’entreprise visant à favoriser la rémunération en actions des membres de conseils. Pour mieux nous conformer aux pratiques du marché, nous suivrons à l’avenir cette recommandation."

Libéré du cours de Bourse

La réforme procure un autre avantage. Le nouveau système garantit aux administrateurs qu’ils toucheront le montant promis à l’issue des cinq années d’attente, alors qu’avec l’ancien système des options, ils restaient à la merci des variations du cours de Bourse. Les options leur avaient été distribuées sur la base d’un prix d’exercice égal au prix du marché de l’action au moment de l’octroi. Si l’on analyse ce que cela donne pour les années précédentes, on voit que les administrateurs ne gagneraient rien s’ils devaient exercer leurs options aux cours actuels (73,07 euros vendredi): les prix d’exercice sont fixés à 84,47 euros pour celles obtenues en 2018, à 104,5 pour 2017 et même à 113,25 pour 2016! Avec les nouvelles RUS, ils sont certains de percevoir à terme les 200.000 ou les 550.000 euros prévus. Cqfd?

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