Ahold Delhaize stagne sur son plus grand marché

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Un an après la fusion entre Ahold et Delhaize, le nouvel ensemble commence à dégager des synergies. Mais aux Etats-Unis, premier marché du groupe, les ventes ont fait du surplace.

A priori, les chiffres d’Ahold Delhaize au deuxième trimestre semblent très bons. Mais dans le détail, on constate que la croissance des ventes n’est pas évidente, ce qui n’a pas rassuré les investisseurs alors que le groupe est confronté au défi de l’essor de la vente par internet. Après la publication des résultats du distributeur ce mercredi matin, l’action a rapidement reculé en Bourse, pour clôturer sur une baisse de 3,16% à 17,15 euros.

Le titre Ahold Delhaize affiche à présent une contraction de 14,4% en 2017, alors que, dans l’ensemble, les valeurs de la distribution sont en repli de 2,47% en Europe cette année, d’après l’indice sectoriel Stoxx.

68%
Le bénéfice net d'Ahold Delhaize a connu une hausse importante de + 68%.

Dans son communiqué, la société de Zaandam souligne la forte croissance de ses ventes d’avril à juin, en comparaison avec la même période l’an dernier. Celles-ci sont passées de 9,6 milliards d’euros à 16,1 milliards (+ 67%). Son bénéfice net a lui aussi connu une hausse importante (+ 68%).

Toutefois, quand on ramène ces chiffres à des données qui tiennent compte des ajustements liés à la fusion entre Ahold et Delhaize (données dites "pro forma"), on constate que la croissance des ventes n’est en réalité que de 3%.

Défi de la vente en ligne

En outre, aux Etats-Unis, où le groupe réalise plus de la moitié de son chiffre d’affaires, la progression des ventes de 2,5% à 5,9 milliards d’euros n’est due qu’à l’évolution des devises. En effet, alors que l’euro valait 1,13 dollar en moyenne au deuxième trimestre 2016, il se situait à 1,10 dollar en moyenne au deuxième trimestre de cette année. Cette hausse de 2,5% du dollar gonfle donc les ventes d’Ahold Delhaize aux Etats-Unis. Sans cet "effet devises", celles-ci auraient stagné. Ahold Delhaize parle d’un "retour de l’inflation".

Or, le marché américain préoccupe particulièrement les actionnaires du groupe de distribution. La concurrence des chaînes à bas prix (Wal-Mart, Lidl) y est féroce. En outre, les consommateurs recourent de plus en plus à la vente par internet, ce qui représente un défi pour les magasins traditionnels.

Les investisseurs y sont particulièrement sensibles depuis que le géant de la vente en ligne Amazon.com a annoncé la reprise du distributeur bio américain Whole Foods en juin dernier. L’action Ahold Delhaize avait d’ailleurs souffert davantage que d’autres titres de la distribution lors de cette annonce, ce qui explique sa contre-performance par rapport au reste du secteur cette année.

117 millions
Par ailleurs, le groupe aux plus de 6.500 magasins de par le monde se réjouit d’avoir dégagé des synergies à hauteur de 117 millions d’euros au premier semestre.

Par ailleurs, le groupe aux plus de 6.500 magasins de par le monde se réjouit d’avoir dégagé des synergies à hauteur de 117 millions d’euros au premier semestre et il réitère son engagement à aller jusqu’à 500 millions d’euros de synergies en 2019.

Les courtiers ont réservé un accueil mitigé à ces résultats. Degroof Petercam se dit "ravi des ventes et de la performance des marges" mais "moins ravi de l’augmentation des coûts d’intégration" liés à la fusion. Ceux-ci passent de 350 à 380 millions d’euros. La banque maintient néanmoins son objectif de cours de 21 euros et sa recommandation d’"acheter".

KBC Securities relève quant à lui que les magasins belges d’Ahold Delhaize "continuent à décevoir, en particulier ceux dont le groupe est propriétaire". Le courtier estime néanmoins que le groupe reste valorisé de manière attrayante. Il réitère donc son conseil d’"acheter" mais réduit son prix cible de 25 à 22 euros.

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