Cap sur la Flandre, la France et la grande distribution pour Mamma Roma

Eddy Bauts, le CEO de Mamma Roma ©Anthony Dehez

Le futur de Mamma Roma passera par la Flandre, la France et la grande distribution. Et le groupe ne manque pas d’appétit.

Une mise au point. Et quelques carrés de pizzas sur un coin de table. Autour de laquelle on retrouve les principaux dirigeants de Mamma Roma. De gauche à droite, Charles Adriaenssen, actionnaire majoritaire (45% du capital), Bernard Terlinden, administrateur, Eddy Bauts, CEO, et Juan Hustinx, directeur commercial. "Le conflit entre les actionnaires n’a pas impacté le business au jour le jour", précise d’emblée le CEO (voir l’encadré ci-joint). Avant de nous relancer: "Vous prendrez bien une part de pizza?"

Pour assurer son essor, Mamma Roma table sur de nouveaux canaux.

Mamma Roma est à un tournant de son développement. Le premier restaurant du groupe a ouvert ses portes en 2005. Depuis, de l’eau et de la purée de tomates ont coulé sous les ponts et quatre restaurants ont été ouverts à Bruxelles et quatre fonctionnent à Paris, sous franchise. On vous passe les détails, mais l’année 2017 fut celle de tous les changements. Dans un premier temps, les actionnaires ont décidé de licencier Carmelo Cennamo, l’ancien CEO à qui ils reprochaient une gestion trop bancale, avant d’aller chercher Eddy Bauts, leur nouveau CEO.

La première mesure de cette nouvelle équipe fut de déménager le centre de production centralisé (une cuisine commune pour les différents canaux de vente) de Woluwé-Saint-Lambert vers Gembloux. En avril 2018, Mamma Roma a délié les cordons de la bourse pour acheter un local de 2.400 mètres carrés, de quoi faciliter l’accès logistique, décrocher les certifications alimentaires nécessaires, gérer les stocks et permettre au personnel d’évoluer dans des conditions plus confortables.

Différents canaux

Depuis, tout semble être en place pour assurer l’expansion du groupe. À Bruxelles, il ne restera bientôt plus que trois restaurants (Flagey, Châtelain et Jourdan). Le groupe a l’intention de se tourner vers la Flandre. Un restaurant ouvrira à Gand au début du mois de mai, Anvers devrait suivre et des discussions sont en cours pour Bruges. Et même s’il n’y a pas encore de projet concret sur la table, la Wallonie devrait également être au menu de Mamma Roma dans les mois à venir, avec Liège et Namur en ligne de mire.

Mais au-delà des restaurants, Mamma Roma est en train d’appuyer son expansion sur d’autres canaux. Il faudra dorénavant compter avec la grande distribution. En Belgique, d’abord, où le groupe a signé un contrat avec Carrefour. Au terme de l’année 2018 (non complète), Mamma Roma a réalisé un chiffre d’affaires de 500.000 euros.

©Anthony Dehez

La marque est également présente dans 35 points de vente Delitraiteur. En France, en septembre, le groupe a signé un contrat avec Monoprix. Jusqu’à présent, les produits étaient présents dans les Monop’ (magasins urbains de Monoprix) avant une nationalisation prévue en 2019 dans tous les Monoprix (450 magasins). Il se dit que des discussions sont également en cours avec Casino, la maison mère de Monoprix. En 2018, la grande distribution – un canal qui n’existait pas pour Mamma Roma en 2017 – a connu une belle croissance, au point d’enregistrer un chiffre d’affaires d’un million d’euros.

Un autre concept est également en train de faire des petits. Mamma Roma développe des ‘corners’ installés au gré des contrats signés. Le premier l’a été avec Total qui a établi 3 corners dans des stations-service de long des autoroutes. Neuf autres corners devraient apparaître en 2019. Un autre contrat a été signé avec ISS, un groupe de restauration collective.

Cette fois, il s’agit de livrer des "comptoirs clé sur porte et pâte dans le four", une sorte de ‘shop in the shop’ dont un a été installé sur le site de l’ULG. Début 2019, un autre sera mis en place au siège de Nike à Bruxelles. ISS a acheté cinq comptoirs et compte en commander cinq autres. Enfin, dans les mois à venir, Mamma Roma devrait faire son apparition dans les parcs d’attraction. Une expansion qui débouche sur un chiffre d’affaires de près de 4 millions en 2018 (+ 31%) et qui devrait s’élever à 5,8 millions d’euros en 2019.

"Le prix de la paix"

Depuis quelques mois, un conflit d’actionnaires secoue Mamma Roma. Les actionnaires minoritaires (34% du capital), dénonçant la gestion des actionnaires majoritaires, ont intenté une action en justice pour obtenir la désignation d’un administrateur provisoire.

Le moins que l’on puisse écrire est que ce conflit n’inquiète pas Charles Adriaenssen, l’actionnaire majoritaire qui, à lui seul, détient 45% du capital. "Ces actionnaires nous ont rendu la vie impossible puis ils ont engagé Deminor. Ils veulent nous forcer à racheter leurs parts", nous a-t-il expliqué, avant de s’interroger. 

"Pourquoi aller payer des sommes astronomiques alors que la société ne vaut pas tripette à cause de leur gestion?" Lors des dernières plaidoiries, le juge a invité les parties à se mettre autour de la table afin de tenter une conciliation. "Nous voulons leur soutien et la société aura de nouveau de la valeur. Nous ne sommes pas en bagarre avec eux", a encore précisé Charles Adriaenssen.

Cet ancien administrateur d’AB InBev en a vu d’autres: "Il y a un prix que nous sommes prêts à payer pour la paix, mais ce prix doit être raisonnable."

 

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