Elle est Belge et dirige désormais Baron Philippe de Rothschild

©AFP

Le groupe de négoce Baron Philippe de Rothschild cherchait à rajeunir sa marque leader, Mouton Cadet.

C’est la marque leader des vins de Bordeaux dans le monde. Directrice générale (managing director) de la société Baron Philippe de Rothschild, Véronique Hombroekx était présente le week-end dernier au festival "Eat Brussels, Drink Bordeaux" sur le stand de Mouton Cadet.

Diététicienne de formation, Véronique Hombroekx occupe par la suite de nombreux postes dans la distribution au sein du groupe GB Inno BM, aujourd’hui Carrefour, où elle fut notamment acheteuse dans le secteur des biscuits.

Et puis, ce fut un travail à l’international chez Douwe-Egberts. Après son rachat par Kraft Jacobs Suchard, elle vécut à Zurich avant de revenir en Belgique pour travailler chez Imperial Meat (charcuteries). Et de prendre un autre virage professionnel.

"Il nous faut tout recommencer aux Etats-Unis, pays que nous avons quelque peu délaissé."
Véronique Hombroekx
Directrice générale de Baron Ph. de Rothschild

Le groupe de négoce Baron Philippe de Rothschild cherchait quelqu’une qui puisse, entre autres, dynamiser sa marque leader, Mouton Cadet. La rajeunir. Son choix s’est porté sur Véronique Hombroekx.

Depuis le 22 janvier, cette Herstalienne de naissance et Uccloise d’adoption gère les destinées d’un groupe qui pèse 233 millions d’euros de chiffre d’affaires rien que pour la marque Mouton Cadet.

Le Baron Philippe de Rothschild avait créé Mouton Cadet dans l’esprit de ce qui allait devenir, dans le Bordelais, les "deuxièmes vins" des Châteaux. La marque Mouton-Rothschild s’est émancipée de sa vocation initiale…
En 1930, la récolte ne fut pas de très bonne qualité à Bordeaux. Le Baron décida alors de déclasser toute sa récolte et créa Mouton Cadet, un rouge de l’appellation médocaine Pauillac.

Il décida ensuite de conserver ce nom pour en faire, au final, un Bordeaux générique. Dès les années cinquante, le succès fut au rendez-vous, surtout aux Etats-Unis. En 2004, la fille du Baron, Philippine de Rothschild, décida de repenser le style du vin en l’assemblant avec davantage de cépage merlot.

Avec 12 millions de bouteilles vendues chaque année dans 150 pays, comment maîtrisez-vous vos approvisionnements?
Nous signons des partenariats avec des viticulteurs et des caves coopératives selon un cahier des charges que nous avons établi.

©BELGA

Je vous assure que nos 250 partenaires sont tous très fiers de collaborer à l’élaboration de ce vin. Et si nous sommes exigeants pour nos apports, nous les rétribuons également plus cher que le prix du marché.

Au total, cela représente l’équivalent de pas moins de 1.520 hectares de vignes!

Quarante-cinq pour cent de ces surfaces sont situées dans des appellations de "Côtes", principalement Blaye et Bourg. Et nous disposons d’un centre vinicole, cuverie, embouteillage, en Médoc, qui s’étend sur 16 hectares.

Mouton Cadet se décline aujourd’hui en blanc, en rouge, en "réserve" et aussi en appellations Médoc, Saint-Emilion et Graves. N’est-ce pas perturbant pour le consommateur lambda?
Je ne crois pas. Le Mouton Cadet Bordeaux est réservé à la grande distribution. Les autres vins sont vendus dans le traditionnel, chez les cavistes et dans la restauration.

À l’export, ce sont toujours les Etats-Unis qui restent votre premier marché…
Eh bien non! À côté de la France qui représente environ 30% des ventes, à l’export, c’est la Chine qui est devenue notre premier marché, devant le Japon et l’Allemagne.

Il nous faut tout recommencer aux Etats-Unis, un pays que nous avons quelque peu délaissé. Dans les années cinquante, la seule signature "Baron Philippe de Rothschild" suffisait comme argument de vente. Maintenant, c’est terminé.

Et la Belgique?
Notre pays – je peux le dire comme je suis Belge – représente environ 200.000 bouteilles chaque année.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content