"Greenyard devra lever entre 70 et 120 millions d'euros"

©Wouter Van Vooren

Pour les analystes financiers, l'augmentation de capital évoquée par Greenyard semble plus que probable. Le montant minimum serait de 70 millions d'euros. Vu la dégringolade du titre, l'opération engendrera une très forte dilution des actionnaires actuels.

Ce n’est pas encore l’heure de la stabilisation pour l’action Greenyard qui a dégringolé de 25% hier après l’annonce d’un avertissement sur résultats et d’une éventuelle augmentation de capital. Ce matin, le titre glissait encore de 10% à 5,11 euros. C’est que l’hypothèse d’une levée de fonds prend de plus en plus corps auprès des analystes financiers après une conférence téléphonique qui s’est tenue hier après-midi avec la direction du groupe de fruits et légumes.

Sur le long terme, l’objectif de cette dernière est toujours d’atteindre un niveau d’endettement limité à 3 fois l’Ebitda. On est loin du compte aujourd'hui surtout avec des perspectives d’Ebitda réduites de 25%.

Selon Fraser Donlon de Berenberg, ce ratio devrait s’élever à 6 en tenant compte des nouvelles prévisions. Alan Vandenberghe et Guy Sips de KBC Securities arrivent, pour leur part, au chiffre de 5,5. Or, l’accord avec les banques prévoit d’arriver à 4,25 d’ici mars 2019, une date qui correspond à la fin de l’exercice du groupe.

Seul moyen structurel

Il faut donc agir. Toutes les options sont sur la table afin de garantir l’avenir de la société. "Nous pensons que cela pourrait inclure la suppression du dividende (9 millions d’euros), des opérations de 'sale and leaseback' (jusqu’à 20 millions) et la vente d’actifs non stratégiques (20 millions) " ont calculé les analystes de KBC. "Cependant, de notre point de vue, le seul moyen structurel pour sortir de cette tourmente, c’est une augmentation de capital comprise entre 70 millions et 120 millions d’euros, une fourchette qui dépend des autres mesures qui seront prises."

Leur objectif de cours est passé de 9,5 euros à 5,70 euros, mais ils conseillent toujours de conserver la valeur.

Très forte dilution

A partir d’une approche prudente d’un Ebitda de 80 millions d’euros et donc d’une dette de 240 millions pour arriver à un ratio de 3, Fraser Donlon estime que Greenyard devra réduire son endettement de 130 millions d’euros.

Entre 50 et 60 millions pourraient être tirés de la vente d’actifs et le solde, soit entre 70 et 80 millions d’euros, seraient obtenus via une augmentation de capital. En se basant sur un prix d’émission affichant une décote de 30% par rapport à un cours de 5,75 euros cette opération représentera une dilution de 30 à 40% du nombre d’actions existantes avance l'analyste. Pas besoin de préciser que les actionnaires actuels se verront automatiquement pénalisés au niveau des futurs dividendes potentiels.

Berenberg qui fin 2017, au moment où Greenyard voulait avaler le roi de la banane Dole Foods, un groupe deux fois plus gros que lui, recommandait d’acheter le titre avec un objectif de cours de 23 euros a nettement revu ses ambitions depuis. Il ne vise plus que 8 euros et recommande de conserver l'action.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés