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J.P. Morgan met en bière la couronne d'AB InBev

©REUTERS

"AB InBev n'est plus le roi" affirme J.P. Morgan qui est désormais le broker le plus sceptique sur les perspectives du leader mondial de la bière. Voici pourquoi il conseille de vendre l'action et a fixé un objectif de cours de 90 euros.

AB InBev , c’est LE poids lourd de la cote bruxelloise. Le champion du monde toute catégorie dans son domaine, la bière. Un groupe qui trouve ses racines en Belgique et dont les deux piliers sont, aujourd'hui, le Brésil et les Etats-Unis.

C’est aussi une action qui réunit autour d’elle un large consensus dans la communauté des analystes financiers. Parmi ceux qui suivent la valeur (37 selon Bloomberg), ils n’étaient que deux à être négatifs sur les perspectives de l’action. Depuis peu, ils sont trois. J.P. Morgan a rejoint les sceptiques passant de "neutre" à "sous-pondérer" (vendre) et réduisant drastiquement son objectif de cours à 90 euros (contre 105 euros avant), soit le niveau le plus bas parmi tous les analystes.

90€
Objectif de cours
J.P.Morgan a réduit son objectif de cours sur AB InBev à 90 euros contre 105 euros avant. L'objectif de cours moyen s'élève à 112,78 euros.



"No longer the King"

"AB Inbev n’est plus le roi" résument les spécialistes de JP Morgan dans une note de 60 pages. "Nous estimons que l’ère de la croissance au-dessus de la moyenne est désormais révolue." Ils pointent deux éléments pour justifier ce constat.

• La rentabilité des marques mondiales du groupe en dehors de leurs marchés domestiques (Budweiser hors USA, Corona hors USA et Mexique, Stella Artois) ne va pas compenser le déclin de la Bud Light, de la Budweiser et d’autres marques aux Etats-Unis dans le moyen terme. Ils estiment que les USA constituent le talon d’Achille du brasseur.

• La reprise au Brésil est déjà intégrée au sein du consensus qui prévoit, pour 2018, une croissance organique des volumes, des ventes et de l’Ebitda de respectivement 2%,7% et 13%. Etant donné la relative maturité du marché brésilien de la bière et la forte consommation par habitant, le broker estime que, sur le moyen et le long terme, la croissance du volume écoulé restera inférieure à 5%.

Le défi principal pour la croissance du profit sous-jacent d’AB InBev reste l’environnement des prix aux Etats-Unis et au Brésil soutiennent les analystes. Ces deux marchés comptent pour 50% des bénéfices avec des marges brutes très élevées (62 à 63%) ce qui signifie que les prix sont un moteur de bénéfice bien plus important que le volume.

Les répercussions au niveau du cash-flow libre pourraient être importantes face à une dette nette de 100 milliards de dollars.

 

Une nouvelle acquisition?

Une dette qui devrait empêcher le groupe -qui s’est fixé un objectif d’une dette réduite à deux fois l’Ebitda, pour une estimation à 3,4 fois en 2020- de trouver un relais de croissance dans une acquisition à moyen terme, estime J.P. Morgan.

Il prend l’exemple du groupe français Castel actif dans le vin, la bière et les boissons gazeuses, qu’il valorise à 42 milliards de dollars ce qui implique un coût net d’acquisition de 30 milliards de dollars. A partir de synergies de 15% sur les ventes, le broker estime à 7% le gain bénéficiaire pour le brasseur en 2019 en cas de rachat. Le ratio dette nette/Ebitda grimpera à 4,7 contre une estimation actuelle de 3,7. Loin de l'objectif du brasseur.

L'action dans le rouge en 2017

Avec un objectif de cours de 90 euros, JP Morgan est donc l’établissement le plus pessimiste sur la valeur qui depuis le début de l’année a perdu près de 5%. L’objectif de cours moyen des analystes atteint 112,78 euros avec un plus haut de 126 euros dans le chef de Goldman Sachs. Les autres "vendeurs" sont RBC Capital Markets (depuis juillet 2016) avec un objectif de 91 euros et Société Générale (97 euros).

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