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Kazidomi, des aliments sains sur-mesure

©doc

Deux jeunes diplômés de Solvay Business School ont lancé un commerce en ligne de produits sains, avec ou sans filtres selon les régimes des consommateurs. Depuis avril 2017, ils ont convaincu un millier de personnes à souscrire l’abonnement au site. Ils recrutent et prévoient de reprendre à leur compte la logistique avant de plancher sur un projet de marque propre.

La jeune pousse bruxelloise Kazidomi (du latin "quasi domi", qu’on peut traduire par "comme chez soi"…) est en train de faire rapidement son trou dans une niche porteuse du secteur de l’e-commerce: elle propose des produits d’alimentation sains, le plus souvent bio, livrés à domicile, avec un "plus" ingénieux à la clé: sa plateforme contient une série de filtres qui permettent aux clients obligés de suivre un régime spécifique de ne sélectionner que des produits adaptés à leur cas. C’est ainsi qu’en quelques clics, ils peuvent ne retenir sur le site que les aliments sans gluten, sans lactose, sans arachides et noix ou sans sucre ajouté, etc. C’est l’idée à l’origine de l’activité créée il y a moins d’un an par Emna Everard et Alain Etienne, deux jeunes fraîchement diplômés de l’Ecole de commerce Solvay (ULB).

"Au départ, en septembre 2016, nous avions pensé lancer un site destiné aux personnes qui suivent un régime, explique Emna Everard. On s’est vite rendu compte que cela bloquait une série de clients. On a alors élargi la cible en développant un site axé santé, en nous faisant conseiller par des médecins, des nutritionnistes et des diététiciens."

Accessible à tous

Deuxième problème à résoudre par la start-up: les prix. "Trop souvent, les niveaux de prix dissuadent une partie de la population d’accéder aux magasins bio, poursuit la fondatrice. Pour parvenir à offrir les produits moins cher, nous avons mis au point un système d’abonnement: pour 100 euros par an, chaque abonné s’assure des réductions de 20 à 50% par produit."

"Le panier moyen pèse 120 euros. C’est énorme. Les gens veulent faire toutes leurs courses chez nous."
Emna Everard
cofondatrice de Kazidomi

Le site repensé a été lancé en avril dernier. Les débuts sont prometteurs, puisqu’aujourd’hui Kazidomi compte un millier d’abonnés et qu’elle en accueille 50 à 200 de plus chaque mois. Le panier d’achat moyen, qui était de 30 euros au début, est passé à 120 euros. De 350 références, la plateforme est montée à 1.500 aujourd’hui. Précisons qu’à la demande de clients, l’entreprise a ajouté des produits cosmétiques naturels et des produits d’entretien à sa gamme d’articles.

Nombreux projets

Les deux associés ont établi une SPRL et levé 150.000 euros: 50.000 auprès d’actionnaires investisseurs, dont Eric Everard, le CEO du groupe Artexis, 25.000 en prêt chez Credal et 75.000 en prêt auprès de Brustart (lire ci-contre). Ils ont déjà engagé quatre personnes et prévoient de recruter prochainement de nouvelles forces vives, non seulement pour soutenir la croissance de la base clients, mais aussi pour relever les trois défis identifiés actuellement. La start-up veut reprendre bientôt à son compte les tâches de logistique telles que l’emballage et l’expédition des colis (les livraisons continueront à être effectuées par le partenaire bpost), personnaliser davantage le processus d’achat et développer certains produits sous marque propre.

Particularité de ce business: Kazidomi accepte de livrer partout, y compris très loin de ses bases bruxelloises. "Nous avons des clients aux Etats-Unis, qui sont prêts à payer 50 euros pour la livraison. C’est ça, l’e-commerce: il n’y a plus de limite géographique…"

Plus concrètement, la société planche sur une version en néerlandais de son site afin d’attaquer plus ouvertement, dès l’an prochain, la Flandre et les Pays-Bas.

3 questions à Serge Vilain

Serge Vilain est président de finance.brussels (SRIB)

1/ Quel commentaire vous inspire le projet à la base de cette start-up?

Je crois très fort en ce que font les deux fondateurs de Kazidomi. J’ai personnellement testé leur site d’e-commerce, comme je l’avais fait avant avec efarmz, le site de commande en ligne de produits bio que finance.brussels a également co-financé. Oui, je mange bio... J’ai vu que cela marchait très bien dans les deux cas. J’ai convaincu mes proches de tester eux aussi la plateforme Kazidomi, puis plusieurs de nos collaborateurs s’y sont mis également... Kazidomi, ce sont deux jeunes qui ont décidé de plonger dès la sortie des études dans l’entrepreneuriat.

2/ Ils ont aussi bénéficié de conseils de tiers...

Ils ont eu l’intelligence de s’entourer de scientifiques et de médecins actifs dans la recherche sur les compléments alimentaires. Cette prise de risque par deux jeunes universitaires est éminemment sympathique. Ils ont en outre engagé, via l’agence Arctiris, deux personnes peu qualifiées. Bref, on a ici un cocktail parfait: des produits bio et sains, un milieu scientifique en accompagnement, du commerce en ligne, l’activation de chômeurs, un site très convivial... et une entreprise bruxelloise, puisque les fondateurs ont déplacé leur siège de Kraainem vers Woluwe-Saint-Lambert. Ils font aussi preuve d’une forte réactivité: les commandes sont toutes livrées en moins de 24 heures.

3/ Finance.brussels participe à l’aventure via un prêt...

Notre filiale Brustart a octroyé un prêt de 75.000 euros à Kazidomi. Ce n’est pas un montant énorme, mais ce qui compte, c’est que ce prêt donne un coup de "boost" à cette entreprise qui a moins d’un an, et qu’il faut aussi médiatiser.

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