La Cara Pils vendue par Alibaba

©Photo News

Il y a un an, Alibaba, le géant chinois de l'internet, annonçait son intention de collaborer avec des entreprises belges. Aujourd'hui, il passe à l'action et signe un accord avec JBC et Colruyt.

"Vous avez une belle gamme de bons produits et pas seulement de la bière ou du chocolat. Vous avez beaucoup de produits faits à la main et bon nombre de vos produits sont uniques, on ne les trouve qu’en Belgique." Ces mots ont été énoncés il y a un an par Jack Ma. Le président d'Alibaba effectuait alors une sorte de "road show" dans notre pays.

Jack Ma ©Bloomberg

Depuis l'homme le plus riche de Chine n'est pas resté les bras croisés. Alors qu'un accord avait déjà été noué avec JBC, il scelle aujourd'hui un partenariat avec Colruyt .

Alibaba mettra à leur disposition ses plateformes de vente pour étendre la force de frappe de ces marques et leur permettre de croître sur le marché chinois.

Comment cela fonctionnera-t-il?

Le consommateur chinois qui sera tenté par un produit JBC ou Colruyt paiera ses achats via le site d'Alibaba . Celui-ci rétrocédera le montant de la vente, déduction faite d'une commission, au vendeur. Ce dernier aura, lui, la charge de livrer les produits. Alibaba agit donc comme un simple intermédiaire.

Quels produits belges offriront les sites d'Alibaba?

-> Chez JBC: L'accord avec la chaîne de magasins de vêtements porte sur la commercialisation de vêtements enfants. Les attentes sont grandes: "Nous voulons vraiment nous intégrer au marché chinois et dans Alibaba. Nous avons à cet effet désigné un responsable local pour le marché chinois et choisi des partenaires techniques qui collaboreront avec Alibaba".

©jbc

Il faut dire que pour JBC, Alibaba n'est pas synonyme d'entrée sur le marché chinois. La marque travaille déjà depuis 2015 avec le magasin en ligne Deesha. Seize collaborateurs JBC sont ainsi inclus dans le processus de production. L'avantage de JBC réside dans le fait que la moitié des vêtements qu'il commercialise sont confectionnés en Chine. La vente sur place allait donc de soi.

"Nous allons nous construire, étape par étape, un marché en Chine", indique Dominiek Willemse, directeur opérationnel, qui est conscient que la route sera longue. "Nous regardons à étendre notre réseau de partenaires chinois, voire même à créer notre magasin en ligne."

-> La quête du marché chinois se fait également lentement mais sûrement dans le chef de Colruyt. L'accord avec Alibaba permettra au groupe de distribution de voir ses bières Cara Pils investir dès janvier les magasins et différentes chaînes d'Alibaba. Outre la bière, d'autres produits de l'enseigne seront également être vendus en Chine. Des produits déjà proposés dans monde entier, via la filiale de Colruyt, Colex, qui l'an dernier affichait 40 millions de chiffre d'affaires; un chiffre que Colruyt espère voir gonfler avec l'accord Alibaba.

©Photo News

"Colex a commencé en janvier une phase test avec Alibaba.com", explique Hanne Poppe, porte-parole. "Ce site est international et donc pas uniquement lié à la Chine. Actuellement, nous proposons environ 50 produits dont la Cara Pils, de la moutarde, de la mayonnaise, du ketchup et des cornflakes."

À cette heure, Colruyt ne vend via Alibaba qu'à des professionnels, mais songe, comme JBC, à s'adresser aussi aux particuliers chinois.

La classe moyenne croissante en Chine est friande de mode et de produits occidentaux. Les différents scandales alimentaires en Chine, comme le lait en poudre pour les enfants, ont par ailleurs renforcé la méfiance des consommateurs face aux produits locaux.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés