La chocolaterie Jacques d'Eupen menacée de fermeture

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La société Baronie annonce son intention de fermer la chocolaterie Jacques d’Eupen. Elle invoque une absence de rentabilité. Une septantaine d’emplois risquent de passer à la trappe.

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans les paisibles cantons de l’Est. Un conseil d’entreprise extraordinaire convoqué sur le site de la chocolaterie Jacques à Eupen a débouché sur une annonce couperet: la volonté de la direction de la société Baronie, propriétaire de la chocolaterie depuis 2011, de fermer cette usine qui emploie encore une septantaine de salariés (61 équivalents temps plein). La fermeture serait programmée pour mai 2019.

"Cela fait sept ans que la direction parle de la hausse des coûts de production, mais c’est la première fois que les travailleurs apprennent qu’elle n’est pas rentable."
Morgane Thomas
Permanente du SETCa Verviers

Cette chocolaterie construite en 1922 est une des trois unités belges de Baronie, la société belgo-néerlandaise qui a racheté il y a sept ans la chocolaterie Jacques au groupe suisse Barry Callebaut.

Face aux interlocuteurs sociaux, la direction a justifié son intention de fermeture par des pertes cumulées depuis 2011. Selon elle, l’usine d’Eupen est la moins rentable du groupe. La perte d’un client anglais, qui jugeait insuffisante la qualité du produit, a également pesé dans la balance.

"La nécessité de réduire le nombre d’usines en Belgique à deux s'explique aussi afin de pouvoir répondre aux exigences les plus rigoureuses en matière de surveillance de la chaîne alimentaire".
Le communiqué de la direction

Côté syndical, on stigmatise le discours lénifiant tenu pendant des années par la direction. "Cela fait sept ans que la direction parle de la hausse des coûts de production, mais c’est la première fois que les travailleurs apprennent qu’elle n’est pas rentable", dit Morgane Thomas, permanente du SETCa Verviers. 

A la recherche d'un hypothétique repreneur

Dans un communiqué, la direction de Baronie - qui vient de fermer une autre usine aux Pays-Bas - invoque aussi "la nécessité de réduire le nombre d’usines en Belgique à deux afin de pouvoir répondre aux exigences les plus rigoureuses en matière de surveillance de la chaîne alimentaire".

"Nous essaierons de sauvegarder l’usine en proposant des formules pour réduire les coûts et en cherchant un repreneur."
Nicolas Cahay
CNE

Inutile de dire que les travailleurs accusent le coup. Lors d’une assemblée générale convoquée en fin d’après-midi, ils ont toutefois décidé de reprendre le travail pour donner une chance aux négociations qui doivent à présent s’ouvrir dans le cadre de la procédure Renault. Les syndicats entendent en tout cas se donner le temps d’obtenir le meilleur plan social possible. Ils ne garderont pas les yeux rivés sur l’échéance du 31 décembre, date après laquelle le régime de prépension passe de 56 à 59 ans: seul un petit nombre d’ouvriers répond aux conditions.

"Nous essaierons de sauvegarder l’usine en proposant des formules pour réduire les coûts et en cherchant un repreneur", précise Nicolas Cahay, secrétaire à la CNE. Un scénario auquel les travailleurs ne croient pas. Selon eux, Baronie n’acceptera jamais de vendre l’usine à un concurrent.

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